L'inquiétude d'une boulangère face aux prix de l'électricité

"Notre facture va augmenter de 322 %." Boulangère, son cri de détresse face au coût de l'énergie a bouleversé de nombreux internautes. Aujourd'hui, Alexandra appelle tous les artisans à se serrer les coudes.

“C'est toutes mes économies”


“Vous pouvez voir l’augmentation des heures pleines hiver, qui sur ma facture, qui date du mois de février 2022, est à 13,72 centimes du kilowattheure. Ils vont passer à 57,34 centimes du kilowattheure.” Alexandra Faure est boulangère dans le Doubs, et tient sa propre boutique qu’elle a montée avec son mari depuis 8 ans. Sur Facebook, elle a lancé un cri de détresse dans une vidéo le 17 novembre, quand elle a reçu les prix de l'énergie prévus pour le début de l’année prochaine. “Je suis désespérée de ce qui va se passer dans les mois qui arrivent. Je suis désespérée pour moi, pour l'investissement que j'ai tenu, pour les 18 heures de travail quotidiennes que j'ai faites, qui risquent d'être réduites à néant. Je suis désespérée pour mon mari, pour mes salariés.”
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Un usage non négligeable


“On a été informés que notre facture d'électricité allait augmenter de 322 %”, ajoute-elle dans la vidéo. “On peut augmenter les tarifs, mais jusqu'à quel point? Et puis qu'est-ce que sont capables d'accepter les gens, et puis qu'est-ce que nous, on est capables d'accepter, en fait?”, rebondit Alexandra Faure. “C'était le rêve de mon mari, d'ouvrir une boulangerie. Ouais, ça m'effraie. Mais… mais on ne va pas lâcher.”
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L’usage de l’électricité est essentiel pour ces artisans, avec toutes les machines utilisé pour le bon fonctionnement du commerce. “Ça peut paraître énorme, mais c'est le matériel dont un boulanger a besoin pour travailler. C'est-à-dire que la chambre de fermentation, c'est obligatoire. Le four, sans ça, voilà, on ne peut pas travailler. Vous avez ici une chambre froide, un congélateur… Ici, c'est un tour réfrigéré, un four à viennoiseries là-bas. Et tout ça, c'est du matériel dont on ne peut pas se passer pour maintenir une activité comme la nôtre”, énumère-t-elle.
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“Là, c'est le coup de grâce”


“C'est toutes mes économies. C'est tous ces Noëls ratés parce qu'il faut savoir que par exemple, un boulanger, Noël, on ne connaît plus, quoi. Les Noëls en famille, c'est terminé. Tous ces repas entre amis qu'on n'a pas faits le samedi soir. Et tout ça, ça me met en deuil de me dire : mais… En fait, j'ai fait tout ça, je pourrais créer quelque chose, créer de l'emploi, me créer peut-être aussi un peu de richesse. Et tout ça, ça peut être réduit à néant en un claquement de doigts, en un papier”, souffle la boulangère.
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“Là, bah clairement, pour payer les factures, j'ai de la chance d'avoir un petit peu de trésorerie, donc on va taper là-dedans pour payer, mais encore une fois, si j'ai des collègues qui n'ont pas de trésorerie, ils ne pourront pas payer ces factures. Pour nos métiers, c'est-à-dire les métiers de bouche, on subit depuis de nombreux mois des augmentations des matières premières, et là, l'énergie, c'est la cerise sur le gâteau, quoi. Là, c'est le coup de grâce”, conclut Alexandra.
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Brut.