Total : Des activistes ougandais manifestent en France

Destruction de l’environnement : des activistes ougandais dénoncent en France le projet de Total d’extraction pétrolière en Ouganda et en Tanzanie.

Un projet qui va émettre plus de 34 millions de tonnes de CO2 par an

“Les Français doivent savoir ce que fait Total dans des pays comme le mien. Beaucoup de familles ont été déplacées, une biodiversité essentielle est en danger à cause de ces activités et les gens doivent savoir ce qu’il se passe.”

Avec d’autres activistes d’Ouganda, Hilda Falvia Nakabuye, cofondatrice de Fridays For Future Ouganda, est à Paris pour alerter sur les conséquences du projet EACOP, le chantier colossal de l’entreprise française Total dans son pays et en Tanzanie.

Le groupe français va investir 10 milliards de dollars dans un mégaprojet d’extraction pétrolière qui émettra jusqu’à 34,3 millions de tonnes de CO2 par an. En termes d’environnement, l’état de santé de son pays et de la terre risque d’être fortement impactés par ce projet pétrolier. Dans le monde, d’autres pays seront touchés.

Réchauffement climatique : depuis 1971, Total sait mais n’a rien fait.

"Vos lits vous semblent confortables aujourd’hui mais ça ne durera pas." En 2019, elle prononçait un discours poignant sur l’urgence liée au climat au sommet du C40 à Copenhague. Redécouvrez en vidéo le discours de l’activiste ougandaise Hilda Falvia Nakabuye au C40.

100 000 familles déplacées, aucun dédommagement reçu pour l’instant

“Le projet EACOP ne va pas affecter que les Ougandais et les Africains de l’est. Cela va tous nous affecter” alerte la jeune femme.

EACOP est l’acronyme anglais de East African Crude Oil Pipeline, qui est aussi connu sous le nom de Uganda-Tanzania Crude Oil Pipeline. Le but de ce projet est de transporter le pétrole brut des champs pétrolifères d’Ouganda vers la Tanzanie et l’océan Indien.

“Ce projet a provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes et ce n’est pas fini” explique la militante.

Une compensation avait été promise pour chacune des familles déplacées. Mais Total a pris du retard dans le versement des indemnités.

Selon Maxwell Atuhura, défenseur des droits humains et de l’environnement : “L’article 26 de la constitution ougandaise détaille la procédure d’expropriation en vigueur. Vous devez compenser les personnes affectées de manière juste, rapide et libre pour qu’ils puissent trouver un autre terrain et s’y installer sereinement.”

En Guyane, ce collectif s’est battu pour l’abandon d’un projet de forage par Total.

“L’extraction du pétrole va empoisonner nos sols”

La jeune femme explique : “Le fait est que l’Ouganda est un pays agricole, on dépend beaucoup de l’agriculture. L’extraction pétrolière dans notre pays va empoisonner nos sols et compliquer l’agriculture.

Cela veut dire qu’on met nos sources alimentaires en danger, la base de notre santé. Cela va traverser des zones cruciales pour la biodiversité comme les lacs, les rivières, les parcs nationaux, les cascades.”

Malgré les critiques, Total affirme que ce projet aura un “impact positif net sur la biodiversité”.

Voici les 3 points à retenir du nouveau rapport du GIEC 2022.

“Ils ne font rien. C’est du greenwashing !”

La cofondatrice de Fridays For Future Ouganda dénonce une “désinformation” : “Total dit qu’il va protéger la biodiversité et je veux dire, la biodiversité, cela fait des générations qu’on la protège, et sans l’aide de Total !

Pourquoi voudrait-il nous aider à la protéger maintenant ? Ils veulent atteindre la neutralité carbone et devenir des leaders de protection du climat, ils veulent investir dans des actions contre le réchauffement climatique, mais rien de tout ça n’est vrai s’ils continuent à creuser des puits de pétrole, à extraire du pétrole.

Ils ne font rien ! Ce n’est pas de l’action climatique, du leadership climatique. C’est du greenwashing !”

Contacté par Brut, Total n’a pas souhaité répondre à notre sollicitation.

Pourquoi n’agissons-nous pas face au changement du climat ? Chercheurs, scientifiques et militants écologistes nous expliquent.

Urgence climat : “Il est temps de prendre nos responsabilités”

Les autorités exercent une surveillance accrue de la zone et certains membres d’associations craignent pour leur vie.

Maxwell Atuhura, le défenseur des droits humains et de l’environnement, va bientôt repartir en Ouganda, à Buliisa. Il explique que pour lui, cela peut être dangereux : “Tout peut arriver. Et en même temps, je n’ai pas peur de ce qui va arriver. Ils feront ce qu’ils voudront mais tant que je continue à informer sur ce qui se passe sur le terrain, je suis heureux.”

La jeune femme appelle à l’éveil des consciences sur l’urgence liée au climat : “Nous, les jeunes, nous portons la plus grande responsabilité parce que ce sera à nous de vivre avec les conséquences du réchauffement climatique quand les plus vieux seront morts.

Il est temps de prendre nos responsabilités, avant que cela s’empire, avant que l’on ne puisse plus rien faire. Un combat en Ouganda, un combat au Kénya, un combat en France, un combat aux États-Unis sur notre futur, c’est un combat pour chacun d’entre nous.”

Elle se bat pour la lutte contre le réchauffement global. Découvrez pourquoi la militante ougandaise, Vanessa Nakate, a été coupée d’une photo officielle où elle était aux côtés de Greta Thunberg.

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Brut.
24 mars 2022 14:39