Les urgences pédiatriques saturées par les cas de bronchiolite

À Rouen, les urgences pédiatriques sont saturées face à l’épidémie de bronchiolite. Brut s’est rendu sur place.

“J'en suis à mon douzième jour d'affilée sans repos”

“Il est hospitalisé depuis quelques jours pour une bronchiolite avec une détresse respiratoire. Il s'est dégradé sur le week-end, donc il a eu besoin d'une aide ventilatoire, c'est-à-dire une machine qui l'aide à respirer”, explique la Docteure Solen Raymond, responsable de l’unité des nourrissons. À l'hôpital de Rouen, les services pédiatriques, face à l’épidémie de bronchiolite, se voient saturés, comme d'autres hôpitaux un peu partout en France. “Tout le couloir, ce ne sont que des chambres avec des cas de bronchiolite. Ici, dans le service on a 24 lits, et actuellement, hospitalisés, il y a 21 enfants qui sont atteints de cette maladie. Il y a tellement d'enfants qui ont besoin d'hospitalisation que l'unité des nourrissons ‘déborde’ sur nos autres unités d'hospitalisation.” Les urgences d'Orléans en grève, reflet d'un mal-être profond

Une situation qui épuise les soignants

Une crise qui s’explique notamment par l’arrivée de personnes venant d’autres régions. “Je suis de Paris de base et ils nous ont dit qu'il n'y avait pas de place, que les hôpitaux étaient saturés à cause de l'épidémie, justement. Du coup, ils nous ont envoyés ici et on s'est retrouvés à Rouen”, explique une maman. “SOS Médecins, quand on est arrivés, ils nous ont dit qu'il fallait aller aux urgences tout de suite, qu'il fallait l'hospitaliser. Je suis arrivée en pleine nuit, donc il n'y avait pas grand monde dans les urgences, mais sinon, SOS Médecins, c'était rempli”, explique une autre mère. Le quotidien en hôpital psychiatrique français

Mais cette crise fatigue d’autant plus le personnel pédiatrique. “On a dû fermer pour pouvoir redéployer le personnel pour pouvoir, du coup, ouvrir tous les lits de notre unité. C'est une grosse épidémie sur un personnel qui est épuisé. Je viens de travailler tout le week-end, notamment, donc j'en suis à mon douzième jour de suite, d'affilée sans repos. Le personnel paramédical est rappelé sur leurs jours de récupération, de repos pour pouvoir réussir à maintenir une unité ouverte pour continuer la prise en charge”, ajoute Solen Raymond. A Paris, ils se mobilisent pour sauver leur service hospitalier

Un pic inhabituel

La Docteure Sophie Galène est la cheffe de la réanimation pédiatrique au CHU de Rouen. Pour elle, cette vague est attendue chaque année, mais pas de cette importance, notamment du côté de la réanimation. “On a une épidémie de bronchiolite toutes les années, c'est connu. Mais on a un pic qui est très important et très précoce par rapport aux autres années. (…) Sur 14 chambres, il nous est arrivé d'avoir 12 bébés hospitalisés pour cette maladie. Ce qui est un record dans l'unité.” Le quotidien de Miguel, magasinier à l'hôpital

“Ici, les patients peuvent parfois rester plusieurs dizaines d'heures hospitalisés”, explique le Dr Matthieu Côme, chef de service des urgences pédiatriques. “Les services d'hospitalisation, évidemment, font le nécessaire pour reprendre le plus vite possible les enfants qu'on doit hospitaliser, parfois, ils ne sont pas en mesure de le faire. Les patients stagnent aux urgences et notre flux de prise en charge se ralentit. Ici, il y a un box qui est bloqué par un patient qui attend une hospitalisation. Dans ce box-là, en temps normal, s'il avait été vide, on aurait pu voir 9 autres personnes”, détaille-t-il. Léonore Baulac danse pour les enfants de l'hôpital Necker

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Brut.