L'Avigan : médicament miracle ou arnaque ?

Pour certains, il permettrait de soigner le Covid-19. Voici comment l'Avigan est devenu le médicament au cœur des débats en Italie...

La folie de l’Avigan en Italie

Un homme se faisant passer pour un pharmacien a affirmé sur les réseaux sociaux que ce médicament guérissait le Covid-19. Depuis, tout le monde s’emballe. Mais il n’y a aucune preuve scientifique de ce qu’il avance.

L’Italie se passionne pour l’Avigan, un médicament qui permettrait de guérir du Covid-19. Tout a commencé avec une vidéo publiée par Christiano Aresu, un Italien basé au Japon qui affirme être diplômé en pharmacie. Celui-ci assure faire cette vidéo « pour faire connaître la vérité ».

« Que font les journalistes ? Que font les politiques ? »

Très vite, la vidéo est largement commentée dans les médias du pays, comme sur les réseaux sociaux. « Que font les journalistes ? Que font les politiques ? Que font les médecins ? » se demande un internaute. Beaucoup d’autres réactions sont similaires, et la défiance envers les pouvoirs publics croît.

Quelques jours plus tard, l’agence italienne du médicament réagit et annonce donner son feu vert pour l’expérimentation de l’Avigan dans le cadre du Covid-19. Mais on découvre par la suite que Cristiano Aresu n’est ni pharmacien, ni professionnel de santé : il importe des produits japonais en Italie. Un site d’information italien retrouve même une vidéo où Cristiano Aresu se présente comme un « médecin orthopédique » à l’occasion d’un casting.

« En ce qui concerne cette maladie, nous n’avons pas de résultats concrets »

Pour en savoir davantage sur l’Avigan, Raphael Tresagnini, journaliste à Brut, a contacté l’épidémiologiste Pier Luigi Lopalco. « L’Avigan est un médicament antiviral qu’on connaît depuis longtemps et qui est utilisé pour plusieurs virus, pas spécifiquement pour le Covid-19. En ce qui concerne cette maladie, nous n’avons pas de résultats concrets. Nous n’avons pas de preuve qu’il fonctionne », affirme le Dr Lopalco.

L’épidémiologiste décrit une forte pression de l’opinion publique en Italie, qui force plusieurs hôpitaux à tester le médicament sur des patients atteints de Covid-19. « Fort heureusement, si un médicament ne fonctionne pas on s’en rend compte très vite. Il ne faut pas se faire d’illusion. Pour combattre cette épidémie, il faut avant tout stopper les contaminations », tempère le médecin. Brut a tenté de contacter Cristiano Aresu. Malgré plusieurs relances, il n’a pas répondu.

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Brut.