Pendant ce temps-là… – Boko Haram revendique un massacre et l'enlèvement de 300 lycéens

Plus de 300 lycéens kidnappés, des massacres dans des villages… Pendant ce temps-là, le groupe terroriste Boko Haram sévit toujours au Nigeria.

Un massacre et l'enlèvement de 300 lycéens revendiqués par Boko Haram

*Les 11 et 12 décembre, deux attentats ont été perpétrés au Niger puis au Nigeria. Ils ont été revendiqués par Boko Haram.

Dans la nuit du 11 novembre, plus de 300 adolescents ont été enlevés au Nigeria. La nuit suivante, un massacre est survenu dans un village du Niger. Le groupe terroriste Boko Haram a revendiqué ces deux attaques. Il continue de sévir au nord-est du Nigeria et autour du lac Tchad.

Qui est Boko Haram ?

Boko Haram a été créé en 2009. Depuis, le groupe djihadiste a causé la mort d’au moins 36.000 personnes, selon les estimations de l’ONU. Le nom « Boko Haram » signifie « l’éducation occidentale est un péché » dans une contraction d’arabe et d’haoussa, un dialecte nigérian.

À ses débuts, Boko Haram était considéré, au Nigeria, comme une secte fondée par Mohammed Yusuf, un prêcheur. Il dénonçait notamment la mauvaise application de la charia. Après la mort de ce dernier, le groupe est devenu une entreprise terroriste proche de Daech.

« À ce moment-là, c’est l’un de ses bras droit, qui s’appelle Abubakar Shekau, qui prend les devants. Lui, est encore plus radical. Et c’est lui qui va faire basculer le mouvement dans des pratiques de type terroriste avec des enlèvements, avec des embuscades, avec des attentats suicides », explique Vincent Hugeux, journaliste indépendant.

Meurtres, attentats et kidnappings

L’organisation agit principalement dans l’une des régions du Nigeria et aux abords des frontières avec le Niger, le Tchad et le Cameroun. Après plusieurs meurtres, attentats et kidnappings visant des leaders musulmans, des militaires, des civils ou des occidentaux, Boko Haram kidnappe 276 adolescentes du lycée de Chibok en avril 2014. Cet événement soulève l’indignation mondiale. Certaines lycéennes sont toujours prisonnières.

« Aujourd’hui, on considère qu’il y en a 107, précisément, qui ont été soit secourues, soit libérées après négociation. Il en reste 112 qui sont toujours portées disparues. En 2018, voilà deux ans, Boko Haram a diffusé une vidéo dans laquelle certaines de ces captives revendiquent, en quelque sorte, leur loyauté et leur fidélité au califat. C’est-à-dire, une sorte d’État fictif que Boko Haram prétend établir sur au moins une partie du Nigeria et de la région », rapporte Vincent Hugeux.

Entre 10.000 et 15.000 combattants

Boko Haram a embrigadé de nombreux enfants, certains ont même été utilisés comme kamikazes. L’organisation terroriste s’inspire du groupe État islamique et proclame un « califat » sur les territoires qu'il contrôle. Depuis 2015, une coalition régionale entre le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger lutte contre le groupe djihadiste.

Par ailleurs, Boko Haram est divisée en deux factions depuis 2016 : l’une ultra-violente, rejointe depuis par des bandits spécialisés dans les enlèvements et l’une plus politique, en lien direct avec la direction de l'État islamique. En 2019, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a reconnu que l’armée ne parvenait pas à lutter contre Boko Haram. Au total, l’organisation compterait entre 10.000 et 15.000 combattants. En 2020, une dizaine d’attaques ont été imputées à Boko Haram.

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Brut.