Au stade avec Yvan Wouandji, non-voyant

Il vit les matchs grâce aux commentaires de son frère. Yvan Wouandji est joueur de cécifoot, et Brut l’a suivi lors du match AJA-PSG.

“Lorsque je rentre dans un stade, je recherche toute cette énergie”

“Voilà ce que j'adore, c'est quand il me décrit les actions. Voilà, ça me fait vivre! Ça me fait vibrer, ça me fait kiffer.” Yvan Wouandji est joueur de l'équipe de France de cécifoot. Fan du Paris Saint-Germain, il aime se rendre au stade pour suivre les matchs dans l’ambiance du Parc des Princes. Étant non-voyant, c’est son frère jumeau, Yvon, qui lui décrit les actions en temps réel. “Il m'explique quelle équipe a la balle, quel joueur, dans quelle zone on est sur le terrain, il m'explique si c'est une phase offensive ou défensive. Il emploie des termes qui vont me permettre de visualiser ce qu'il se passe. Il est là pour combler et compléter les informations auxquelles je n'ai pas accès en raison de l'absence visuelle.” Brut a suivi Guy Roux au stade à Auxerre

Un moment de partage avec son frère

“Moi, lorsque je rentre dans un stade, je recherche toute cette énergie, toute cette ambiance qui va me porter, qui va me soulever, qui va me faire rêver, qui va me faire vibrer”, explique-t-il. “J'entends l'ambiance du stade et… Il y a une très belle ambiance, en tout cas. Je m'imprègne beaucoup plus dans l'écosystème du stade que quelqu'un qui voit.” Brut a suivi Basile Boli au stade à Marseille

Suivre les matchs directement au stade lui permet d’être davantage complice avec son frère Yvon. “C'est quelqu'un qui fait beaucoup pour moi, quelqu'un qui m'aime pour ce que je suis et qui ne regarde pas du tout mon handicap", explique Yvan. Un constat que partage son frère: *"Il faut savoir qu'on est jumeaux, donc le lien est encore plus fort. *"On est très fusionnels, en plus, et grâce à ce sport-là, on arrive à mieux s'entendre, à communiquer et à partager surtout cette joie commune.”* Venant Sochon, 91 ans, supporter du stade lavallois

“Sans Yvon, je pense que je n'irais pas au stade, parce qu'il n'est pas simplement là pour me décrire les actions, il n'est pas simplement là pour me décrire les situations de jeu, on partage aussi du temps ensemble, on rigole aussi ensemble, on partage des émotions ensemble”, conclut Yvan Wouandji. Une vie : le PSG

avatar
Brut.