​​Les sportifs l'appellent la "zone" : c'est quoi ?

Des sens décuplés, un sentiment d'invincibilité et de calme… Cet état mental éphémère plonge les athlètes dans une transe et un état de concentration maximale. C'est la "zone". Et ce n'est pas réservé qu'aux sportifs.

“Dans l’année, vous faites à peu près 80 matchs et ça arrive entre 4 et 5 fois”


“Lorsque vous êtes en état de grâce, vous voyez tout à l’avance, la balle, vous la voyez trois fois plus grosse que son volume réel. Tout ce que vous faites techniquement, vous le faites avec 3 fois plus de temps que d’habitude donc tout paraît facile. Moi j’ai eu la chance que ça m'arrive durant le match le plus important de ma vie”. Ce que décrit l’ancienne tenniswoman Marion Bartoli c’est ce qu’on appelle “la zone”. La joueuse de tennis l’a vécu plusieurs fois dans sa vie.
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Réussir le geste parfait sans effort au bon moment, se sentir invincible… C’est cet état que certains sportifs appellent le “flow” ou la “zone”. Le footballeur Pelé parlait d’un “sentiment d’étrange calme… Une sorte d’euphorie.” Les sportifs dans la zone vivent une distorsion de la réalité. La notion de “flow” a été définie dans les années 1980 par un psychologue hongrois. Il peut être atteint par toutes sortes d’artistes, car ce moment d’extase donne le sentiment de ne faire qu’un avec son art, comme si l'existence était momentanément suspendue.
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N'importe qui peut atteindre cette forme de transe


Cependant, la zone est un sentiment rare et éphémère et peut disparaître avec l’apparition de pensées parasites. “Dans l’année, vous faites à peu près 80 matchs et ça arrive entre 4 et 5 fois donc c’est bien sûr extrêmement rare” indique la joueuse de tennis Marion Bartoli. Pour Thomas Sammut, qui assure la préparation mentale d'athlètes de haut niveau comme Florent Manaudou, la recherche du “flow” ne doit pas être une fin en soi. “C’est extrêmement délicat en sport individuel, quand on est favori, de pouvoir prétendre à toucher cet état-là, cet état de grâce en fait, parce qu’il y a tellement de pression pour l’athlète” affirme Thomas Sammut.
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En prenant l’exemple du nageur Florent Manaudou, le préparateur mental ajoute : “Imaginez-vous 30 secondes avant de monter sur le plot de départ à une finale olympique. Il est suivi par peut-être 4 milliards d'individus, 70 millions de Français qui sont derrière lui. Si on se mettait à sa place ne serait-ce que 2 petites secondes… Sauf que lui, il le vit. Donc, à ce moment-là il ne peut pas être dans un état de grâce, c’est impossible”.
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Pour espérer atteindre l’état de “flow”, il faut être surentraîné et maîtriser parfaitement la technique. Toutefois, n'importe qui peut atteindre cette forme de transe. Pour espérer atteindre la “zone”, il faudrait se focaliser sur le moment présent et écouter l’enfant qui sommeille en chacun de nous. “On ne pourra pas se rapprocher de la zone si on est trop dans la recherche de l’exigence personnelle en tant qu’adulte. En fait, c’est cette alchimie des deux : on a besoin de l’enfant avec le côté jeu, plaisir et l'énergie de la rigueur. Les deux combinés, c’est la performance assurée” précise Thomas Sammut.
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