Tout commence par un piège lancé en ligne. Il consiste à se faire passer pour un mineur pour démasquer de potentiels délinquants sexuels et pédocriminels.
Dans une vidéo postée en ligne sur ses comptes, on voit donc Finnyzyy se faire passer pour une adolescente de 14 ans et discuter avec un homme âgé de la soixantaine.
La discussion commence sur la passion du foot de la fausse jeune fille, avant que l’homme ne lui propose d’aller voir un match au Parc des Princes. Là, il finit par sous-entendre qu’il faudra le “remercier” pour cette proposition. “Qu’est-ce que tu ferais pour me faire plaisir ?”, dit-il, avant de lui demander : “Et si on se voit, tu vas me connaître, est-ce que je pourrai t’embrasser ?” Le créateur de contenu et son avatar de jeune fille finissent par lui rétorquer qu’elle n’a que 14 ans et que “ça [la] gênerait”. L’homme finit par lui dire qu’il est “connu”, et lui redemande ce qu’elle pourrait faire pour lui “faire plaisir”. L’homme aurait aussi demandé si elle a déjà envoyé des “nudes” (des photos de nu ndlr).
@brutofficiel Un ancien dirigeant sportif a été placé en garde à vue pour pédocriminalité après avoir été piégé et affiché en direct sur TikTok et Twitch par @finnyzyzy
♬ son original - Brut.
“Je le connais, il était prof d’EPS”
Dominique B. ne croyait pas si bien dire quand il affirmait sa célébrité. Il a été identifié par des internautes qui suivent Finnyzyy (dans des extraits du live diffusé sur sa chaîne Twitch) comme un ancien professeur d'EPS et ancien directeur du sport scolaire (UNSS). “
Je le connais, il était prof d’EPS”, peut-on par exemple lire dans les commentaires de la vidéo, qui a déjà cumulé près de 500 000 vues sur TikTok.
Dominique B. est actuellement en garde à vue à Vesoul, apprend-on via France info et Ici Besançon. À ce stade, il bénéficie de la présomption d’innocence pour les faits en cours d’investigation.
Un récidiviste déjà condamné
L’homme serait un récidiviste. Selon les médias Ici (ex-France Bleu) et l’Est Républicain, il a été condamné en 2025 pour “détention et transmission d’images à caractère pornographique de mineurs”. Mis en cause pour tentative de corruption de mineurs, il a été relaxé pour ce chef d’accusation. Les faits remontent à 2020. Il avait été mis en examen pour des comportement inappropriés envers des élèves d’un lycée, l’envoi de SMS et de photos explicites à caractère sexuel. Huit plaintes avaient été déposées et la saisie de son matériel informatique avait révélé des images pédopornographiques, d’après le procureur de la République de Haute-Saône, interrogé alors par le média local Ici.
Il va être foutu
En apprenant tout cela, Finnyzyy s’est étonné sur ses comptes et a publié une nouvelle vidéo (vue plus de 300 000 fois sur TikTok) dans laquelle il réagit. Il espère ainsi que “la police va se saisir de l’enquête”, mais expose qu’il n’a toujours pas “été contacté” par les autorités. Il assure en revanche que cette histoire a du succès auprès de la presse. “Il va être foutu (...). J’ai été contacté par tout le monde : France 2, Le Parisien. Les gens sont au courant”, énonce-t-il.
Ses vidéos sur cette affaire continuent en tout cas de faire parler sa communauté. Dans les commentaires, beaucoup saluent son action, avec des messages de soutien. “Bravo pour ce travail, tu protèges nos enfants !”, “Préservons nos enfants, continue !” encensent par exemple certains commentaires.
Une pratique réprimée par la loi
Sur X, le Comité national olympique et sportif français (CNOS) a également réagi en dévoilant l’identité de la personne impliquée. Le CNOS précise que “si les faits nouvellement rapportés devaient être confirmés, ils seraient d’une gravité absolue”.
Si l’action de Finnyzyy semble louable, l’association 211 Organisation rappelle dans un communiqué commun avec le créateur de contenu que “le doxxing [le fait de créer des pièges en ligne à quelqu’un] est spécifiquement réprimé par l’article 223-1-1 du Code pénal” et que l’influenceur s’expose donc “à des poursuites pénales”. Ce communiqué ajoute aussi que Finnyzyy demande “à toute personne de ne pas se faire justice elle-même”.






