Condamné à la peine maximale
Jugé coupable d'avoir tué 12 femmes et 3 hommes, entre septembre 2021 et juillet 2024, en utilisant des cocktails de sédatifs mortels, ce médecin âgé de 41 ans est suspecté d'un nombre encore bien plus élevé de meurtres dans des enquêtes toujours en cours.
Le praticien, identifié sous le nom de Johannes M., a été condamné à la peine maximale: soit la prison à perpétuité, assortie de la reconnaissance de la particulière gravité des crimes, et d'un placement ultérieur en rétention de sûreté, deux mesures visant à empêcher une libération anticipée.
Il lui est en outre interdit d'exercer à vie la profession de médecin. Les juges ont, sur tous ces points, suivi les réquisitions du parquet.
Meurtrier "depuis longtemps"
Selon l'accusation, il leur administrait un sédatif puis un relaxant musculaire, provoquant un arrêt respiratoire mortel en quelques minutes. Pour dissimuler certains crimes, il aurait incendié les appartements de cinq victimes.
L'affaire a été révélée à l'été 2024, lorsque sa supérieure a signalé à la police un nombre anormal de décès soudains et d'incendies parmi ses patients. Arrêté en août 2024, d'abord suspecté de quatre meurtres, le nombre de victimes présumées est progressivement passé à 15, tandis que des enquêtes portent encore sur des dizaines d'autres décès.
Lors du procès, la juge Sylvia Busch a qualifié l'accusé de " tueur en série" dans une affaire "inconcevable" et "hors du commun". Selon elle, le médecin aurait également confié à son épouse avoir pratiqué environ 70 injections de sédatifs à dose mortelle, affirmant qu'il tuait "toujours, depuis longtemps".
"Sentiments d'omnipotence"
La juge Sylvia Busch a rejeté tout lien entre les actes de l'accusé et les soins palliatifs ou l'euthanasie, rappelant que la plupart des victimes souhaitaient vivre et n'étaient pas en fin de vie. Parmi elles figurait une femme de 25 ans, encore autonome malgré un cancer de la thyroïde. Le médecin avait falsifié son dossier médical et dissimulé sa visite à sa famille avant de lui administrer le mélange mortel. Dans un autre cas, il a fait croire au fils d'un patient de 70 ans qu'il injectait un simple traitement contre les nausées.
Selon la magistrate, le médecin a délibérément choisi les soins palliatifs afin de pouvoir tuer en toute discrétion et satisfaire un sentiment d'omnipotence, sans agir par compassion. Des médias allemands indiquent par ailleurs qu'il avait consacré sa thèse de médecine à l'étude des homicides.
L'affaire rappelle celle de Niels Högel, ancien infirmier condamné en 2019 à la prison à perpétuité pour le meurtre d'au moins 85 patients dans deux hôpitaux allemands.






