Pour entrer en vigueur, la recommandation, qui va dans le même sens qu'un rapport de l'Académie de médecine en mai, nécessite un décret en Conseil d'Etat précisant modalités et personnels concernés.
L'obligation vaccinale se justifie au regard de "l'ampleur du fardeau sanitaire" de la grippe et du "risque augmenté" de sa transmission par des professionnels aux personnes soignées ou hébergées en milieu de soins et médico-social, fait valoir la HAS, qui fournit une expertise scientifique sur la santé aux pouvoirs publics.
La grippe 2025/26 a fait 12 700 morts, contre 17 900 un an plus tôt lors d'une épidémie particulièrement violente. Elle coûte un à deux milliards d'euros et pèse fortement sur le système de soins (mortalité, tensions à l'hôpital, déprogrammations d'opérations, réanimations, hospitalisations, consultations, soignants en arrêt maladie...).
Une obligation dans les Ehpad, établissements de santé et autres établissements médico-sociaux
L'obligation vaccinale doit être déployée en priorité "dans les Ehpad et dans les unités de soins de longue durée (USLD)" en raison de la "vulnérabilité particulière" des personnes hébergées, aux trois quarts âgées de 75 ans et plus, et en contacts "étroits, répétés et prolongés avec les soignants", estime l'autorité indépendante.
Dans les autres lieux concernés -établissements de santé, autres établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, structures d'exercice libéral- la HAS recommande un "déploiement progressif sur une période de deux ans renouvelables un an, dans un cadre concerté", afin de garantir "l'acceptabilité de la mesure".
La vaccination antigrippale avait été rendue obligatoire pour les soignants en 2006, y compris à l'hôpital et en Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), mais suspendue dans la foulée par décret, notamment en raison de "l'absence de surrisque démontré chez les soignants", rappelle la HAS.
La HAS fait valoir que les vaccin antigrippaux sont sûrs et qu'il n'existe aucune alternative efficace - complémentaires, les mesures barrières ne suffisent pas - pour diminuer l'incidence de la grippe.






