Un ex-opérateur du Samu jugé pour de multiples viols et agressions sexuelles

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Il a ciblé pendant des années des jeunes vulnérables: un sexagénaire, ancien opérateur du Samu et ex-bénévole à la Croix-Rouge, est jugé à partir de lundi devant la cour criminelle du Rhône pour viols, tentatives de viol et agressions sexuelles aggravés.
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L'homme, aujourd'hui âgé de 60 ans, est accusé de s'en être pris à plusieurs dizaines de victimes, dont des mineurs, pendant de longues années. 

A Lyon, une quinzaine de personnes se sont constituées parties civiles pour le procès prévu jusqu'au 12 décembre devant la cour criminelle départementale, c'est-à-dire jugé par des magistrats professionnels. Certains faits sont prescrits, et plus d'une vingtaine de personnes doivent témoigner.

Un huis clos, même partiel, pourrait être instauré pour le procès, selon plusieurs sources judiciaires.

On ne sait pas combien il aurait fait de victimes", explique Me Jean Sannier, qui représente huit victimes et l'association Innocence en danger, qui se sont portées parties civiles.

"C'est malheureusement la loi en matière de pédocriminalité, les affaires sont parfois dévoilées des années après, mais d'autres ont été identifiées comme étant antérieures, et malheureusement la loi française considère que dans ces hypothèses-là, le crime reste impuni", a-t-il regretté.

Les avocats de la défense n'ont pas souhaité s'exprimer avant le procès.

L'accusé a été opérateur au Samu de Lyon et bénévole à la Croix-Rouge. Certains des faits qui lui sont reprochés sont aggravés par l'abus de l'autorité conférée par sa fonction. Il est suspecté d'avoir attiré des mineurs à son domicile, en jouant de son image rassurante de secouriste à la Croix-Rouge.

Me Sannier y voit "un prédateur", "en chasse pendant 35 ans".

Déjà condamné

L'accusé avait été interpellé et placé en détention provisoire en juin 2021 dans le cadre de l'instruction qui concernait alors plusieurs dizaines de faits d'agressions ou de viols sur mineurs sur une période de trente ans, de 1986 à 2016. 

Son interpellation était intervenue après les accusations d'un homme venu témoigner en région lyonnaise sur une toute autre affaire, une bagarre, et qui avait alors révélé aux gendarmes des faits subis dans sa jeunesse, lançant les investigations.

"Il trouvait des personnes en manque de repères familiaux", explique l'avocat d'une autre victime, Me Grégoire Deydier. L'accusé parvenait à exercer une "influence psychologique" sur les jeunes. "C'est quelqu'un qui à une capacité à imposer son autorité", selon Me Deydier.

L'avocat ne sait "pas trop comment va se passer ce procès". "Pour beaucoup (de victimes) cela risque d'être un exutoire, pour d'autres ça risque d'être très dur", avance-t-il.

"Il y a toute la fragilité de ses jeunes proies, qui pour certains ont aujourd'hui la quarantaine, et qui restent terriblement marquées par cet épisode de viol qu'ils ont subi alors qu'ils étaient prépubères ou adolescents, et qui aujourd'hui continue à les hanter", souligne Me Sannier.

Dans le cadre de l'instruction de cette affaire, un juge lyonnais avait découvert que le prévenu tenait un carnet avec de très nombreux noms et coordonnées de victimes corrompues sur le Net.

Dans un dossier parallèle, le sexagénaire a été condamné en 2023 à un an de prison pour corruption de mineurs, qu'il avait l'habitude de rencontrer sur des sites et applications.

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