Qui est Ramzan Kadyrov, dirigeant de la Tchétchénie ?

Il dit être parti combattre en Ukraine, voici le portrait Ramzan Kadyrov, dirigeant de la Tchétchénie et allié de Vladimir Poutine.

“Zelensky doit demander pardon à notre président, Vladimir Poutine”

Alors que le début de la guerre en Ukraine a éclaté le 24 février 2022, avec l’invasion du pays par la Russie, la Tchétchénie a déclaré une nouvelle fois son soutien à Moscou et au président russe, Vladimir Poutine.

“J’aimerais donner un conseil au président Zelensky, avant qu’il ne devienne l’ex-président de l’Ukraine. Il devrait se dépêcher d’appeler notre président, le commandant en chef Vladimir Poutine, en s’excusant de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Il doit faire ceci pour sauver l’Ukraine, cette belle république, et le peuple ukrainien. Il doit demander pardon et accepter toutes les conditions exigées par la Russie. C’est ce qu’il a de mieux à faire” a déclaré Ramzan Kadyrov le 25 février depuis Grozny, la capitale de la Tchétchénie.

Une vidéo a montré un rassemblement de milliers de soldats à Grozny pour montrer son soutien à la Russie. Le 13 mars 2022, Ramzan Kadyrov poste une vidéo sur Telegram, où il déclare qu’il est en Ukraine pour y retrouver ses troupes, qui seraient déjà partie sur le terrain.

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Ramzan Kadyrov devient président de la Tchétchénie en 2007

Ramzan Kadyrov est un chef de guerre et un fidèle allié de Vladimir Poutine. Le violent dirigeant de la république tchétchène, naît le 5 octobre 1976.

Après la chute de l’Union soviétique en 1991, les Tchétchènes mènent deux guerres sanglantes pour leur indépendance vis-à-vis de la Russie.

Le père de Ramzan Kadyrov, Akhmad Kadyrov, est une figure indépendantiste lors de la première guerre qui débute en 1994. Il fait la célèbre déclaration selon laquelle chaque Tchétchène devrait tuer au moins 150 Russes. Mais quand commence la seconde guerre, en 1999, il est passé dans le camp russe.

En 2003, il devient président de la République de Tchétchénie, qui, encore aujourd’hui, continue de faire partie de la Russie. En 2004, Akhmad Kadyrov est assassiné. Le Président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, déclare le 9 mai 2004 : “Akhmad Khadzhi Kadyrov s’est éteint ce 9 mai, le jour de notre fête nationale, le jour de la Victoire. Il aura toujours été victorieux.”

En 2007, Vladimir Poutine nomme Ramzan Kadyrov président de la Tchétchénie. Le nouveau président fait cette déclaration quelques temps après son investiture : “Nous sommes tous des citoyens russes, c’est le choix que nous avons fait. Nous voulons faire partie de la Russie et voir dans la Russie le grand et puissant pays qu’elle a été et qu’elle est toujours.”

Actes de torture, enlèvements et opposition réprimée

Depuis plus de 15 ans, il dirige d’une main de fer cette région à majorité musulmane.

Sur son compte Instagram désormais fermé, le dirigeant tchétchène se mettait en scène à la salle de sport, avec des animaux ou encore exhibant des armes pour ses millions de followers.

Avec sa milice privée, les "Kadyrovtsy", il est accusé de nombreuses violations des droits humains, notamment d’actes de tortures, d’enlèvements et d’étouffer l’opposition.

Ramzan Kadyrov profère régulièrement des menaces contre les journalistes, les activistes. En 2020, Elena Milashina, journaliste d’investigation russe pour Novaïa Gazeta, témoigne : “Je me suis connectée au live stream de Kadyrov sur Instagram, pour écouter ce qui se disait pendant une réunion sur le coronavirus. C’est là que je l’ai entendu me menacer de mort.”

Polygamie et droits limités des femmes

Les Tchétchènes qui critiquent le régime sont souvent forcés de s’excuser publiquement à la télévision. En 2019, un jeune homme doit s’excuser publiquement à la télévision, il est en pleurs : “J’ai parlé de gens qui reçoivent un salaire du gouvernement. J’ai dit que les Tchétchènes étaient des infidèles. Je le regrette beaucoup. Internet m’a trompé.”

Les organisations de protection des droits humains expriment leur inquiétude en 2011 quand des femmes qui n’ont pas respecté le code vestimentaire islamique se font tirer dessus avec des pistolets à paintball à Grozny, la capitale.

Ramzan Kadyrov encourage les hommes à empêcher leur femme d’utiliser WhatsApp et défend la polygamie.

Ramzan Kadyrov a déclaré : “Si je trouve une femme encore plus belle que la mienne, pourquoi devrais-je pécher en commettant l’adultère ? L’islam nous autorise à nous marier plusieurs fois, de manière parfaitement pure et légale.”

Persécution des homosexuels

En 2017, les autorités régionales tchétchènes lancent une vaste purge visant les personnes homosexuelles.

Un homme à visage masqué témoigne : “Environ sept personnes ont commencé à me frapper. Elles me frappaient, en tournant autour de moi. J’avais l’impression qu’elles tournaient autour de moi et me donnaient des coups de pied.

Elles m’ont dit d’enlever mes chaussures et m’ont fait attacher un fil métallique autour de mon petit orteil et de mon auriculaire. Elles m’ont forcé à attacher ces fils moi-même, puis m’ont envoyé des décharges électriques.”

En 2017, Yulia Gorbunova, chercheuse pour Human Right Watch (HRW) sur la Russie et le Belarus, a expliqué : “Les méthodes utilisées par les forces de l’ordre tchétchènes dans cette campagne anti-gay et cette persécution à leur encontre ne sont pas des méthodes nouvelles.

Elles sont mises en œuvre par le gouvernement de Kadyrov depuis au moins dix ans, peut-être plus, dans une impunité totale et avec la bénédiction du Kremlin. Ce qui est nouveau maintenant, c’est la dimension organisée de cette campagne anti-LGBT.”

En réponse à ces accusations, Ramzan Kadyrov affirme qu’il n’y a pas d’homosexuels en Tchétchénie.

Retrouvez le témoignage de Salman Mukaev, accusé d’être homosexuel en Tchétchénie, il a servi d’appât pour piéger des personnes LGBTQIA+.

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Brut.
21 mars 2022 07:30