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L'histoire de Black Lives Matter

Après le meurtre d'un adolescent noir par un policier blanc, Patrisse Cullors, Opal Tometi et Alicia Garza lancent un hashtag : #BlackLivesMatter. C'était en 2013. Voici l'histoire de ce mouvement.

L’histoire de Black Lives Matter

Trois femmes noires, Patrisse Cullors, Opal Tometi et Alicia Garza, ont créé ce hashtag en 2013 après des meurtres de Noirs par des policiers blancs. Aujourd’hui, il est plus que jamais d’actualité.

Tout commence en 2013. Patrisse Cullors, Opal Tometi et Alicia Garza, trois femmes noires, utilisent pour la première fois l’expression Black Lives Matter après l'acquittement du meurtrier de Trayvon Martin, George Zimmerman. Alicia Garza poste alors un message sur Facebook.

Eric Garner, Mike Brown et Tamir Rice

« C’était vraiment bien écrit, comme une lettre d'amour à notre communauté qui disait : "Oui, nous devrions être indignés, nous ne devrions pas rester les bras croisés, nous ne devrions pas prendre cela pour acquis et nous pouvons faire quelque chose." À la fin de son message, elle disait quelque chose comme : "Nos vies comptent, les vies des Noirs comptent." Et notre chère sœur Patrisse a mis un hashtag dessus », raconte Opal Tometi.

Patrisse Cullors, Opal Tometi et Alicia Garza encouragent ensuite d’autres personnes à raconter leurs histoires grâce au hashtag #BlackLivesMatter. La phrase prend de l’ampleur en 2014, après la mort d’Eric Garner, étranglé en garde à vue à Staten Island, à New York. L’ampleur grandit encore après la mort de Mike Brown, abattu par un policier à Ferguson dans le Missouri, puis après la mort de Tamir Rice, un enfant de 12 ans tué par balle alors qu’il jouait avec un pistolet en plastique à Cleveland, dans l’Ohio.

« Trayvon Martin a été jugé pour sa propre mort »

« Je me souviens qu'à ce moment-là, alors que tout le monde savait ce qui s'était passé et malgré toutes les connaissances, malgré les témoignages, Trayvon Martin a été jugé pour sa propre mort, pour son meurtre. La société américaine, les gens qui en sont témoins, nous avons tous vécu une sorte de traumatisme collectif », se souvient Opal Tometi.

En 2014 toutefois, après le meurtre de deux officiers de la police de New York, le contre-mouvement « Blue Lives Matter » voit le jour. Celui-ci exige que les personnes reconnues coupables du meurtre d'officiers de police soient condamnées en vertu des lois sur les crimes haineux.

« Vous allez tous à l'université, mes enfants vont en prison et au cimetière »

« Certains ont tenté de minimiser l'importance du mouvement Black Lives Matter en disant "toutes les vies comptent", "les vies des policiers comptent". Nous comprenons cela et nous savons que toutes les vies comptent, mais le fait est que lorsque cette nation a ce genre d’histoires de traitement brutal et inhumain, visant les Afro-Américains, en particulier les hommes, et que nous avons le luxe de le voir filmé, alors cela ajoute une toute nouvelle dimension », tempère Robert A. Pratt, professeur d’histoire à l’université de Géorgie.

Une analyse partagée par les manifestants, comme Shorty Davis, qui protestait après la mort de Freddie Gray, en 2015 : « La vie des Noirs compte parce que vous tuez des Noirs. Toutes les vies comptent, mais vous devez penser à ceux qui sont en train de mourir. Quand vous rentrez tous chez vous, nous, on s'inquiète du retour de nos enfants. Vous allez tous à l'université. Mes enfants vont en prison et au cimetière. »

George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery

La même année, Hillary Clinton reprend la phrase lors d’un discours. Puis, en 2015, l'American Dialect Society fait de #blacklivesmatter son mot de l'année. Pendant l'élection présidentielle de 2016, plusieurs manifestants de Black Lives Matter interrompent les événements de la campagne. Entretemps, le mouvement acquiert une reconnaissance nationale.

En 2020, avec les morts de George Floyd, Breonna Taylor et Ahmaud Arbery et les manifestations qu’elles ont déclenché dans les 50 États américains, Black Lives devient une fois de plus un cri de ralliement pour les manifestants de tout le pays. De grandes marques comme Netflix et Twitter reprennent cette expression, et elle est peinte au sol en face de la Maison-Blanche, à Washington D.C. Le maire de New York, Bill de Blasio, a également annoncé que « Black Lives Matter » serait peint dans les rues des cinq arrondissements de la ville.

15/06/2020 09:52
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2 commentaires

  • nour b
    16/06/2020 11:04

    bonjour, jai pris le temps de lire tous les commentaires. je découvre ce journal. je ne suis dans aucun réseau social. jai toujours préféré les relations sociales réelles... le reportage, très succinct, entraîne des réactions, je dis bien des réactions. on est dans un contexte de "paix" et jai peu lu, trop peu des réflexions, des références structurées... juste des "degueulis sur écran"... un peu de contenance ! et des valeurs humanistes, qui restent les éléments fédérateurs de toutes les croyances. un peu de spiritualité pour avoir la bonne distance vis à vis du contexte national et international. respect de la Vie svp !

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