Au fait, comment ça marche une carte météo des températures ?

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Ce mardi 26 mai 2026, un journaliste de BFM a dénoncé en direct du harcèlement en ligne. En cause : l’utilisation par la chaîne d’une carte rouge pour illustrer les fortes chaleurs que connaît actuellement la France. Ce phénomène ne date pas d’hier, et reflète une méconnaissance du fonctionnement des cartes météorologiques. Brut. vous explique ici comment cela fonctionne.
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“Voilà maintenant 48 heures qu’on reçoit sur les réseaux sociaux des messages d’insultes et de menaces parce que le rouge est indiqué sur les cartes météo de BFM”, a déclaré le journaliste Kévin Floury lors d’un direct mardi 26 mai. Dans ces messages, de la haine à son encontre concernant l’utilisation… de la couleur rouge pour illustrer la chaleur. La Société des Journalistes (SDJ) de BFM a réagi à cela en postant hier un communiqué à l’encontre des climatosceptiques. 

Dans cet écrit, on peut lire que “le SDJ de BFM dénonce des propos inacceptables”. Elle rappelle aussi que les couleurs utilisées dépendent d’un code couleur propre au média, comme à la plupart des autres groupes de presse. “Ces cartes ne déforment pas la réalité, mais rendent compte des faits, selon un code couleur employé de façon universel dans les médias” conclut l’instance. Mais alors, où est concrètement le problème ? 

Les normales de saison illustrent certaines cartes 

La réalité derrière les cartes météo est toute simple. Pour anticiper les couleurs des cartes, Météo-France rappelle qu’elle se base tout simplement sur les normales de saison. Dans une vidéo postée sur sa chaîne YouTube, l’institution météorologique énonce qu’elles sont “des indicateurs et des statistiques qui servent de référence pour caractériser le climat et qui permettent aux climatologues de comparer (...) les données obtenues, avec ce qui a été observé auparavant”. Concrètement, Météo-France analyse “sur 30 ans” la moyenne des températures sur le territoire. Avec cette moyenne, elle peut ainsi donner une température au temps T. 

Pour le mois de mai 2026, la moyenne des températures est actuellement de 24,4 °C, soit “10 à 15 °C en plus que les normales de saisonselon Météo-France. Pour illustrer cela, les médias appliquent donc des couleurs “froides” ou “chaudes” (bleu ou rouge) pour illustrer cet écart par rapport aux normales de saison. Comme les écarts sont très élevés en chaleur, BFM a appliqué un code couleur rouge sur tout le territoire national, qui est concerné par l’augmentation exceptionnelle des températures. Il est donc possible de voir des cartes bleues en été, et des cartes rouges en hiver par exemple, toujours selon les comparaisons aux normales de saison.

Deux types de cartes 

Mais les médias ne sont pas obligés d’appliquer cette règle à la lettre. La plupart le font, mais elles peuvent aussi utiliser “la valeur absolue de la température”. En gros, que l’on soit en mai ou août, une température de 24 ou 35 °C sera toujours montrée avec la même couleur. C’est ce qu’applique France Télévisions pour ses cartes.

De son côté, le média TF1 utilise par exemple la même carte depuis deux décennies. Dans un article de TF1 Info, le météorologue Patrick Marlière énonce par exemple les impératifs de couleurs pour la chaîne. Pour lui, “ce besoin de graduer les événements météorologiques est venu en 1999, avec les tempêtes. Les premières cartes vigilance météo sont apparues, où il a fallu choisir un étalonnage de couleurs, allant du bleu au violet”. Il ajoute que la météo est toujours là “pour rassurer” et non pas faire peur aux publics.

L’année dernière, des personnes ont critiqué les médias suite à l’utilisation de cartes de couleur jugées excessives. France Info rappelle dans son format “Le vrai du faux” que “selon [les climatosceptiques], les prévisionnistes manipulent la couleur des cartes météo en accentuant le rouge lorsqu’il fait chaud”. En 2022 en Angleterre, une chose similaire avait lieu en ligne, avec l’utilisation de deux cartes différentes dans des médias anglais. La vérité était là toute simple : il s’agissait d’un montage grossier, réalisé par sphère complotiste pour l’alimenter. 

Pour en revenir à nos cartes françaises, les couleurs varient donc généralement en fonction des normales de saison. Étant donné que celles-ci ont tendance à monter, les représentations tendent naturellement vers le rouge. Le journaliste de BFM Kévin Floury conclut de son côté son direct, en disant “qu’il n’y a pas de hasard, et que ces cartes rouges, vous allez continuer à les voir dans les prochains jours”. 

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