Le parquet de Toulon a lancé un appel à témoins pour retrouver de potentielles victimes dans le cadre d’une affaire où une famille entière serait impliquée. L’institution cherche en effet à savoir si des personnes “originaires des îles pacifiques”et ayant séjournées dans le Var ont été portées disparues ces dernières années. Le parquet souhaite ainsi savoir si elles ont été en contact avec une famille actuellement mise en examen pour “meurtres, traite d'êtres humains et séquestrations en bande organisée”.
Ils sont six : le père (du Vanuatu), la mère (de Nouvelle Calédonie), deux filles et deux garçons. Certains sont incriminés pour séquestration et extorsion, d’autres pour avoir un lien potentiel avec la mort de deux militaires disparus en 2022 et 2023 qu’ils auraient hébergés. Des ossements ont été retrouvés dans les Bouches-du-Rhône sur deux sites différents selon France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur et seraient très probablement les leurs.
Le premier, Jacques Pakeso, est un Calédonien, engagé de la Marine nationale, qui n’a plus donné signe de vie depuis qu’il était venu faire ses classes dans l’Hexagone. Le second, Mike Gineste, s’était engagé à Carpiagne (Bouches-du-Rhône) dans la Légion étrangère, dont il est déclaré déserteur depuis 2023.
“Je me suis relevé dans une mare de sang”
Selon France Info, des personnes ayant fréquenté la famille auraient été “dépouillés de leurs moyens de paiement et séquestrés”. Certains les accusent de les avoir violentés. Comme un Polynésien dont Outre-Mer La 1ère a recueilli la parole. Dans une vidéo à visage découvert, Sam raconte avoir vu sa vie “changer” après avoir croisé la route de cette famille. Les faits remontent à 2022 alors qu'il travaille dans un bar de Toulon prisé par la communauté des Polynésiens et des Tahitiens. “Ils ont commencé à nous agresser physiquement, verbalement, à nous menacer, à nous suivre", relate Sam. Très vite, les choses dégénèrent. Un soir, Sam rentre chez lui lorsque les deux fils l’attrapent. “La mère est arrivée avec un club de golf et m'a porté un coup à la tête. J'ai perdu connaissance pendant 10-15 secondes, et je me suis relevé dans une mare de sang” confesse-t-il.
La “Malia” (le surnom donné à la mère) et ses enfants s’en prendraient régulièrement à des membres de leur communauté. Dans une enquête de Var-Matin, on apprend que le mode opératoire de la famille serait rôdé. Elle attendrait dans des bars et soirées à thèmes que des gens, le plus souvent militaires, soient éméchés, avant de les violenter et de les dépouiller en se serviraient de l’une des filles comme “appât”. Au journal, un témoin a parlé “d’une forme de générosité” trompeuse de la part de cette famille. Ils auraient proposé à des personnes de les héberger, d’où les faits de séquestration qui leurs sont reprochés.
Le père nie les faits
Toute la famille est donc suspectée d’être impliquée dans la disparition de Mike Gineste et de Jacques Pakeso. La mère et les deux fils sont mis en examen pour “meurtre”, là où le mari et l’une des deux filles le sont pour “traite d'êtres humains et séquestrations en bande organisée”. La dernière fille, la plus jeune est, selon France info, concernée par une procédure de mise en examen “pour non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire” ajoute le média.
Les avocats de la mère et du père rappellent par voie de presse que “la présomption d’innocence doit bénéficier” à la mère, là où les avocats du père précisent qu’il nie toute implication dans les faits reprochés. “Il conteste catégoriquement les accusations de séquestration et précise que les personnes [les militaires] étaient libres de leurs mouvements”, énoncent-ils. Les enquêteurs ont en effet découvert que la famille a bien hébergé les militaires disparus. Le parquet justifiait l’accusation de meurtre car des ossements ont été retrouvés à proximité du domicile, dans les Bouches-du-Rhône.
Ces derniers sont toujours en cours d’analyse. La dernière étape consiste à voir si l’ADN des os correspond bien aux ADN des deux personnes militaires portés disparus.






