Selon Mediapart, Quentin Deranque a publié de nombreux messages sur la plateforme X via trois comptes anonymes, au moins ces deux dernières années, faisant tantôt l'apologie du nazisme, s'en prenant aux "millions d'Arabes et de Noirs présents sur le sol français", ou encore qualifiant l'ancienne ministre Simone Veil de "salope meurtrière" pour avoir fait voter la légalisation de l'avortement.
"Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc", écrit-il aussi par exemple en juillet 2024, selon le site d'information.
L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier indépendamment les propos attribués à Quentin Deranque.
Face à ces propos, Yaël Braun-Pivet est "bien évidemment choquée". Mais "rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne veut pas dire que l'Assemblée" les "approuve", fait valoir l'entourage de la présidente.
"Contexte de grand émoi"
Une minute de silence avait effectivement été observée le 17 février dans l'hémicycle du Palais Bourbon, cinq jours après l'agression mortelle de Quentin Deranque. "Une décision collective, prise à l'unanimité par la conférence des présidents" de l'Assemblée, qui réunit notamment les présidents de groupes et de commission, à la suite d'une proposition du patron des députés UDR, Eric Ciotti, et "dans un contexte de grand émoi", a rappelé l'entourage de Yaël raun-Pivet.
Neuf personnes ont depuis été mises en examen et écrouées dans le cadre de cette affaire et sont, selon une source proche du dossier, "connues pour être soit membres, soit proches" de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 par le député LFI, Raphaël Arnault, et dissous en juin.
L'avocat de la famille de Quentin Deranque, Fabien Rajon, avait décrit l'homme de 23 ans comme "un militant nationaliste qui a toujours défendu ses convictions de manière non violente", "prônant un militantisme pacifique".
"Ces tweets, s'ils sont bien avérés, sont évidemment condamnables", a écrit vendredi soir Me Rajon à l'AFP. "Pour autant, ils ne pouvaient justifier le lynchage à mort de Quentin". "Rien n'est décidément épargné à sa famille qui n'a toujours pas pu entamer son deuil, compte tenu de l'acharnement dont elle est victime", a déploré l'avocat.
Quentin Deranque a notamment fréquenté un temps la section locale de l'Action française, un mouvement d'extrême droite nationaliste et royaliste. Et il a été ensuite l'un des fondateurs du groupe nationaliste-révolutionnaire Allobroges Bourgoin.
À Lyon, l'étudiant s'était rapproché d'un autre groupe nationaliste-révolutionnaire, Audace, avec lequel "il participait à de nombreux entraînements sportifs", comme de la boxe ou du footing, avait déclaré à l'AFP un porte-parole du groupuscule d'ultradroite, sous couvert d'anonymat.
"En démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque, mais que la droite et l'extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néo-nazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte", a réagi jeudi le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros", a-t-il ajouté.






