En fuite depuis l'élection présidentielle, l'opposant Bobi Wine annonce avoir quitté l'Ouganda

Crédit : REUTERS
L'opposant ougandais Bobi Wine, en fuite depuis l'élection présidentielle de janvier qu'il avait décriée comme "truquée", a annoncé samedi avoir quitté le pays.
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Bobi Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi -, 44 ans, avait pris la fuite au lendemain du scrutin présidentiel du 15 janvier. Critiqué par des observateurs et ONG, il avait été remporté par Yoweri Museveni, 81 ans, qui dirige l'Ouganda d'une main de fer depuis 1986. 

"Chers compatriotes ougandais et amis de l'Ouganda du monde entier, au moment où vous verrez cette vidéo, j'aurai quitté le pays pour des engagements importants à l'étranger", a déclaré l'opposant dans une vidéo publiée sur X.

Bobi Wine n'est plus apparu en public depuis sa fuite, et n'a pas indiqué où il se trouvait. 

Il compte plaidoyer pour des sanctions contre l'Ouganda, a-t-il indiqué, précisant que son adjointe Lina Zedriga assurerait en son absence la présidence de son parti NUP (la Plateforme d'unité nationale). 

"Des milliards" pour "me rechercher partout, sans succès"

Museveni a "truqué" l'élection présidentielle, assure Bobi Wine. "Par honte et par manque de légitimité, lui et son fils me recherchent partout (...) Voilà pourquoi je me cache et pourquoi je quitte le pays pour un temps."

"Il est risible que, pendant près de deux mois, tout l'appareil sécuritaire ougandais ait dépensé des milliards d'argent du contribuable pour me rechercher partout, sans succès", a-t-il martelé. 

Le fils du chef de l'Etat ougandais et chef de l'armée Muhoozi Kainerugaba, 51 ans, connu pour ses publications incendiaires sur les réseaux sociaux, avait écrit sur X vouloir la mort de Bobi Wine, message qu'il a depuis supprimé. 

Il s'était aussi félicité de la mort de 30 membres de l'opposition et de l'arrestation de quelque 2.000 de leurs partisans suite au scrutin. 

"Après avoir mené à bien mon travail sur la scène internationale, je retournerai dans mon pays et laisserai le régime faire ce qu'il veut de moi au vu et au su de tous. Après tout, je n'ai commis aucun crime. Se présenter à la présidence n'est pas un crime", a déclaré Bobi Wine.  

L'opposant avait déjà connu détention et torture lors des élections de 2021. 

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