La Marine française a arraisonné dimanche, en plein milieu de l'océan Atlantique, un pétrolier sous sanctions européennes, et en provenance de Russie, soupçonné d'arborer un faux pavillon, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. Il a également partagé des images de la Marine dans ce même message sur le réseau social.
La Marine nationale a arraisonné hier matin un nouveau pétrolier sous sanctions internationales en provenance de Russie : le Tagor. Notre détermination est constante et totale.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 1, 2026
Cette intervention a été effectuée en Atlantique, en haute mer,… pic.twitter.com/zxEslYjbUE
L'arraisonnement de ce pétrolier, dénommé le Tagor, s'est produit "à plus de 400 nautiques (740 km, ndlr) à l'ouest de la pointe de la Bretagne", soit très loin des côtes européennes, a précisé la préfecture maritime de l'Atlantique, dans un communiqué.
En provenance du port de Mourmansk, à l'extrême nord-ouest de la Russie, le navire se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun, pays dont il arborait le pavillon. D'après le parquet, le capitaine russe a refusé d'obtempérer.
Le capitaine s'est déclaré "de nationalité russe", a précisé le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, dans un communiqué. Le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête pénale pour "non-justification de nationalité d'un navire", "défaut de pavillon" et "refus d'obtempérer".
Le Kremlin juge "illégal" l'arraisonnement par la France
Le Kremlin a estimé lundi que l'arraisonnement la veille dans l'Atlantique d'un pétrolier en provenance de Russie par la Marine française était "illégal".
"Nous considérons ces actions comme illégales, à la limite de la piraterie internationale", a affirmé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point presse quotidien auquel participait l'AFP, ajoutant que "la Russie prend des mesures pour garantir la sécurité de ses cargos".
Soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien
Sous sanctions notamment des États-Unis, de l'Union européenne et du Royaume-Uni, le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment celui de Madagascar, des Iles Marshall ou de Panama.
Soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien malgré les sanctions internationales, le Tagor serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon le site Opensanctions.org.
"Ce qui a déclenché (l'arraisonnement), ce sont les doutes sur la régularité du pavillon", a déclaré à l'AFP le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, porte-parole de la préfecture maritime.
Le pétrolier était "quasiment vide" lors de son arraisonnement, selon la même source.
L'interception de ce pétrolier est la quatrième de ce type effectuée par la France après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de Ouessant (Finistère).






