Déposée par le groupe de Gabriel Attal (Ensemble pour la République), cette motion de rejet tactique a été adoptée par 120 voix contre 105. Les quatre groupes de gauche s'y opposant tout comme le MoDem, hostile à la manoeuvre plus qu'au fond du texte. Insuffisant toutefois contre le reste de l'hémicycle, des macronistes jusqu'au Rassemblement national.
"passage en force"
Les groupes de gauche et la CGT ont dénoncé avant le vote un "passage en force" et une manoeuvre "scandaleuse". Ce vote a pour effet d'envoyer directement le texte devant une commission mixte députés-sénateurs. Ses soutiens espèrent que le texte puisse s'appliquer d'ici le 1er mai prochain.
Les quatre groupes de gauche se sont insurgés, tentant de retarder le vote de la motion pour rameuter les troupes, demandant des interruptions de séance. Des députés allant de LFI jusqu'au PS ont même entonné debout La Marseillaise, puis l'Internationale.
"Par un 49.3 parlementaire, ils passent en force pour mettre 1,5 million de personnes au travail le seul jour férié et chômé", a dénoncé la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot.
"un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses"
En marge d'un rassemblement près de l'Assemblée la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a dénoncé "un coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs et travailleuses".
"C'est une victoire importante", a réagi à l'inverse le chef du groupe Les Républicains Laurent Wauquiez face aux journalistes. "La France insoumise installe le chaos dans cet hémicycle à chaque texte. C'est une honte. On a refusé de céder".
Insoumis, socialistes et écologistes ont dit leur intention de saisir le Conseil constitutionnel contre le texte lorsqu'il sera définitivement adopté. La présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain a elle fustigé la troisième motion de rejet tactique de ce genre depuis le début de la législature, citant des précédents sur la loi Duplomb et une loi concernant l'autoroute A69.
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