Le chercheur Laurent Vinatier libéré en échange d'un basketteur russe détenu en France

Crédit : Yulia Morozova / Reuters
Les autorités russes ont libéré jeudi le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024, en échange de la libération du basketteur russe Daniil Kasatkin, a annoncé le service de sécurité russe (FSB).
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Dans un communiqué cité par les agences de presse russes, le FSB a affirmé que Daniil Kasatkin était rentré jeudi en Russie et avait été "échangé" contre Laurent Vinatier, qui, selon cette source, a été gracié par le président Vladimir Poutine.

Le FSB a peu après diffusé une vidéo de la libération de Laurent Vinatier, dans laquelle on le voit sortir d'un centre de détention sous la neige, rouler à l'arrière d'une voiture puis monter à bord d'un petit avion.

Fin décembre, la possibilité que Laurent Vinatier soit échangé avait été soulevée après une annonce surprise de Moscou, qui avait déclaré avoir fait une "proposition" à la France dans cette affaire. 

Chercheur spécialiste de l'espace post-soviétique, Laurent Vinatier, 49 ans, travaillait au moment de son arrestation pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s'agissant de l'Ukraine.

"Agent de l'étranger"

Pour sa part, le basketteur professionnel russe Daniil Kasatkin avait arrêté en France en juin 2025 à la demande de la justice américaine qui le soupçonne d'avoir fait partie d'un réseau de hackers et avait demandé à Paris son extradition. 

En juin 2024, Laurent Vinatier avait été arrêté en Russie puis condamné à trois ans de prison pour ne s'être pas enregistré en tant qu'"agent de l'étranger". L'intéressé avait dit ne pas savoir que c'était obligatoire dans son cas. 

Même s'il n'avait pas été déclaré officiellement "agent de l'étranger" par Moscou, il aurait dû se signaler comme tel car, selon la justice russe, il collectait des "informations militaires" pouvant être "utilisées contre la sécurité" de la Russie.

En août dernier, il avait comparu dans le cadre d'une affaire bien plus grave pour "espionnage", un crime passible de 20 ans de prison en Russie et qui faisait craindre une très lourde condamnation supplémentaire.

Moscou a arrêté plusieurs ressortissants occidentaux pour divers motifs, dont "espionnage", depuis le lancement de l'attaque à grande échelle contre l'Ukraine en 2022 et a procédé à des échanges de prisonniers avec les Etats-Unis.

Les relations entre Paris et Moscou ont été glaciales ces dernières années, la France accusant la Russie d'actes de déstabilisation et de désinformation sur son territoire, tandis que Paris se voit reprocher par Moscou son soutien militaire à l'Ukraine ou encore de censurer les médias russes.

Fin novembre, trois personnes ont par ailleurs été mises en examen et écrouées à Paris dans le cadre d'une double affaire d'ingérence et d'espionnage économique au profit de Moscou.

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