Car/Men fêtait à Paris sa 200e représentation. Après Tutu, ode à la liberté, les Chicos Mambo revisitent l’opéra Carmen dans une performance humoristique sans être parodique, conservant son irrévérencieuse liberté, mais en la mettant cette fois au service d’une histoire et de mélodies bien connues.
Pour le spectateur éloigné de l’opéra, le plus frappant est certainement la puissance culturelle de Carmen, que l’on connaît sans l’avoir apprise, qui s’est transmise dans l’inconscient collectif. Profitant de ce fait, les Chicos Mambo sautent directement à l’étape suivante, celle de la réinterprétation.

Crédit photo : Michel Cavalca
Chant, danse et joie communicative
Le chant est porté par le contre-ténor Antonio Macipe. Dans sa robe à pois, il interprète tous les rôles chantés, voix graves et aigües, y compris la bohémienne éponyme, avec brio et délectation.
Des costumes à pois, des jupes virevoltantes, des robes en tulle légères comme l’air, les costumes magnifient les mouvements, les amplifient avec une élégance particulièrement satisfaisante. Cette expertise, déjà constatée dans Tutu, est moins centrale, plus à-propos... quand les danseurs sont habillés.
Les danseurs, précis, performants sans jamais se prendre au sérieux, semblent eux aussi s’amuser comme des fous sur scène, une folie communicative dont on sort toutes et tous, comme ils le disent, “carménisés”.
En résumé, Car/Men est un spectacle de danse à la joie communicative, dont l’effet le plus durable est cette mélodie qui refuse désormais de quitter ma tête... “La la la, lala, la la, lala lala, lalalala la la... Prends garde à toi !”
Car/Men, des Chicos Mambo, mise en scène de Philippe Lafeuille,
le 30 avril au Théâtre des Sources à Saint-Amand-les-Eaux (59).






