Une progression encore lente
Cette année encore, la question de la place des femmes dans le cinéma s’invite au Festival de Cannes.
Cette année, elles sont 5 sur 22 à pouvoir prétendre à la Palme d'or : Charline Bourgeois-Tacquet (La Vie d'une femme), Jeanne Herry (Garance), Marie Kreutzer (Gentle Monster), Léa Mysius (Histoires de la nuit) et Valeska Grisebach (L'Aventure rêvée)
"Trop peu", estime l'actrice Charlotte Le Bon auprès de l’AFP. "Il faut continuer à s'indigner pour qu'il y ait plus que trois femmes qui aient gagné la Palme d'or".
"Les chiffres disent que cela progresse, que c'est lent, que c'est pas assez", reconnaît,Thierry Frémaux, patron du Festival. Il estime que la place des femmes dans le cinéma doit faire l’objet d’un débat collectif car les inégalités restent structurelles.
Le reflet d’un déséquilibre plus large
Car le problème dépasse largement le Festival de Cannes.
Dès le financement des projets, les femmes réalisatrices ont souvent moins de moyens et moins d’opportunités que les hommes. Résultat : leurs films ont aussi moins de chances d’accéder aux grandes compétitions internationales.
Selon le Centre national du cinéma, près de 70 % des postes clés dans les productions audiovisuelles sont encore occupés par des hommes. Les écarts budgétaires restent également importants : en 2024, les films réalisés par des femmes disposaient en moyenne de budgets inférieurs de 38 %.
Face à ce constat, le CNC souhaite désormais renforcer ses mesures en faveur de la parité. À partir de janvier 2027, les productions ne respectant pas l’équilibre femmes-hommes aux postes de direction pourront être pénalisées.
Pour les associations comme le Collectif 50/50, ces avancées restent importantes mais encore trop lentes.
Car au-delà des chiffres, c’est aussi une question de récits. Qui raconte les histoires ? Quels regards sont mis en avant ? Quelles histoires accèdent aux plus grandes scènes du cinéma mondial ?
À Cannes, ces débats occupent aujourd’hui une place de plus en plus visible. Le Festival apparaît ainsi comme le reflet des évolutions, mais aussi des défis persistants de toute l’industrie cinématographique.






