Crise chez Grasset: Macron juge "important de défendre" le "pluralisme éditorial"

Reuters
Emmanuel Macron a jugé vendredi "très important d'exprimer" et de "défendre" le "pluralisme éditorial" en France, alors que le monde de l'édition est plongé dans une crise rare après le départ du PDG de Grasset, Olivier Nora, imputé par de nombreux auteurs à Vincent Bolloré.
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"C'est très important d'exprimer, de défendre ce pluralisme"

"En France on reste attaché à tout ce qui fait notre force d'ailleurs, la liberté des auteurs, leur qualité, le rôle de l'éditeur", a dit le chef de l'Etat à des journalistes en visitant le salon du livre à Paris. "C'est très important d'exprimer, de défendre ce pluralisme", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a dit avoir "beaucoup d'estime pour ces grandes maisons", citant Gallimard et Grasset. "C'est des maisons qui sont à respecter", "un catalogue c'est une histoire littéraire, et après c'est la liberté de ces auteurs", a-t-il estimé.

"L'éditeur ce n'est pas simplement celui qui imprime les livres", "c'est un esprit, c'est une maison, c'est aussi ce qui fait partie du patrimoine littéraire", une "chaîne humaine", a encore dit le président.

Interrogé sur la pertinence d'une clause de conscience pour les auteurs, il a répondu: "je pense que c'est en tout cas quelque chose qui doit se réfléchir", sans toutefois trancher.

Quelque 170 écrivains ont secoué le monde d'ordinaire feutré de l'édition avec leur décision inédite de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset pour dénoncer le "licenciement" d'Olivier Nora, à sa tête depuis 26 ans.

"Une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale"

Dans leur lettre ouverte, ces auteurs dénoncent "une atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale" de la prestigieuse maison.

Cette fronde a éclaté alors que le Festival du Livre de Paris s'est ouvert jeudi soir au Grand Palais.

Avec 450 exposants et 1.800 auteurs attendus, tout le secteur est présent, à l'exception notable de la plupart des maisons d'édition, notamment Grasset, appartenant à Hachette, le numéro un français de l'édition, contrôlé par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

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