"préjudice psychologique indéniable"
La cour criminelle de Seine-et-Marne, qui a suivi les réquisitions de l'avocate générale, a pointé le "préjudice psychologique indéniable" à l'égard de la victime ainsi que "le préjudice causé à l'institution judiciaire, policière", tout en prenant en compte la prise de conscience "sincère, authentique et profonde" de l'ex-policier, qui a reconnu les faits.
M. Dagos, crâne rasé et silhouette fine, était jugé pour avoir imposé, le 22 février 2023, une fellation à une Angolaise sans titre de séjour, venue porter plainte contre son conjoint pour violences conjugales.
Quelques jours plus tard, le policier a convoqué à nouveau cette femme âgée d'une cinquantaine d'années aujourd'hui, et a reproduit les faits.
Me Naïma Nezlioui, qui représentait la victime, s'est dite satisfaite de la peine prononcée, alors que M. Dagos a également été condamné à payer 40.000 euros à la partie civile pour le préjudice sexuel et moral.
"dégueulasse" et "entièrement responsable de tout ça"
Dès l'ouverture du procès lundi, l'ex-policier a cherché à montrer qu'il avait pris conscience de ses actes, reconnaissant avoir été "dégueulasse" et "entièrement responsable de tout ça".
Outre les viols dont il est accusé, le procès a mis en exergue des abus sur certaines anciennes compagnes, dont l'une l'a qualifié, durant l'instruction, de "prédateur sur le plan sexuel". Certaines de ses collègues ont également dénoncé des propos ou des actes à connotation sexuelle.
"Tout en lui suinte la honte"
L'avocate de Jean-Pierre Dagos, qui n'a pas souhaité réagir après le verdict et a demandé à rester anonyme par crainte de recevoir des menaces et des insultes pour avoir défendu un policier accusé de viol, a, de son côté, mis l'accent lors de sa plaidoirie sur ses aveux et son passé.
"Tout en lui suinte la honte", a-t-elle appuyé en parlant de "cet homme qui marmonne, qui ne fait que marmonner, qui n'arrive pas à parler car toute son enfance on lui a appris à se taire".
L'enfance de Jean-Pierre Dagos, qualifiée de "terrifiante" par l'avocate générale, a ainsi été longuement abordée au cours de ce procès.
Né dans une famille de onze enfants avec un père alcoolique et extrêmement violent, l'accusé a lui-même été violé par l'un de ses frères entre ses quatre et neuf ans, puis, à partir de la préadolescence, par son professeur de judo. Il a découvert à l'âge de douze ans que son oncle, qui vivait avec eux, était son père, et peut-être le père d'autres membres de la fratrie.






