"A certains endroits, on dirait qu'on a reçu une bombe atomique, c'est catastrophique", a confié à l'AFP par téléphone Marc Bianchini, le maire de Rodès, un village évacué dimanche soir.
"A 7h, ça paraissait éteint, puis avec la chaleur et un coup de vent, c'est reparti", a-t-il expliqué, précisant qu'une vingtaine d'habitations et une trentaine de véhicules avaient brûlé sur le territoire de sa commune.
Le feu n'est toujours "pas fixé", mais il semble avoir ralenti, progressant de quelques dizaines d'hectares depuis lundi matin. Une vingtaine de communes du massif des Aspres et celle d'Ille-sur-Têt ont été évacuées dimanche soir. Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach, samedi soir.
16 blessés dont quatre pompiers
Le niveau de risque d'incendie reste élevé dans les Pyrénées-Orientales à cause des températures mais aussi d'un phénomène de brise sèche, et le sera jusqu'à la fin de semaine, a prévenu Charlotte Couture, responsable assistance feux à la direction régionale du Sud-Ouest de Météo-France, interrogée par l'AFP.
"Il y a plus d'un moins qu'il n'a pas plu du tout (dans ce département, ndlr) et plus de deux mois qu'il n'a pas plu de façon significative (...) Avec cette sécheresse, toutes les journées sont à enjeu", a estimé Mme Couture.
Mardi, toute la France sans exception sera en situation de danger élevé ou modéré pour les incendies, a-t-elle ajouté. Remerciant les évacués pour leur "civisme" et leur "courage", le préfet a toutefois insisté: "Je leur demande de ne pas chercher aujourd'hui à retourner sur les lieux, à regagner leur domicile, puisque le feu reste actif."
L'incendie a blessé au moins 16 personnes dont quatre pompiers, selon la préfecture dans un communiqué.
Pas de spectateurs pour le Tour de France
Les coureurs du Tour de France ont bien pris lundi le départ de la troisième étape, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, mais l'arrivée se fera "sans public" dans les Pyrénées-Orientales, en raison de la mobilisation des secours, a expliqué le préfet.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France", a-t-il dit lundi. Ailleurs en France, les pompiers luttent contre de multiples feux. "La situation est très préoccupante", a souligné lundi matin sur Franceinfo la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
"Pour donner une comparaison, il y a 11 000 hectares qui ont brûlé en France aujourd'hui. C'était un peu plus de 5000 l'année dernière à la même période. C'est dire qu'on est face à une situation extraordinaire", a-t-elle poursuivi.
Les Pyrénées-Orientales continuent d'observer, comme 15 autres départements lundi, une vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.






