"Association de malfaiteurs"
Jacqueline Jacob, mise en examen le 24 octobre pour "association de malfaiteurs", avait saisi la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon pour contester les poursuites.
Celle-ci a constaté lors d'une audience à huis clos que "les faits reprochés à Mme Jacob sont prescrits car ce sont des délits", a expliqué son avocat Frédéric Berna.
La mise en examen de l'octogénaire, soupçonnée par un expert d'avoir écrit notamment la lettre anonyme revendiquant l'assassinat, "tombe de facto par la constatation de la prescription", a-t-il estimé, en dénonçant "une erreur d'appréciation énorme".
"On aura tout vu dans ce dossier sur le plan des aberrations procédurales", a poursuivi Me Berna. "Concrètement, il n'y a aucun élément sur le fond qui permette de considérer que Mme Jacob a participé de près ou de loin à cette affaire", a-t-il assuré.
Les parents du petit Grégory "sereins"
Malgré ce nouveau revers, les parents du petit Grégory, "Christine et Jean-Marie Villemin demeurent sereins", selon leur avocat François Saint-Pierre.
"Nous attendons maintenant les résultats des expertises en cours, d’ADN et de stylométrie. Nous saurons alors qui elles incriminent, a-t-il dit. La cour d’appel décidera en conséquence de la remise en examen ou non des Jacob cette fois-ci pour crime d’enlèvement et d’assassinat du petit Grégory", non couverts par la prescription.
"L'important est d’aller jusqu’au bout de ce qui est possible pour que la vérité soit établie", a ajouté Me Saint-Pierre.
"Voilà ma vengeance. Pauvre con"
Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin avait été retrouvé noyé et ligoté à l'âge de quatre ans dans la rivière Vologne. Une lettre anonyme avait été adressée à ses parents avec la mention "Voilà ma vengeance. Pauvre con".
Dès le début de l'enquête, les investigations s'étaient orientées vers la haine farouche qui aurait existé entre le clan Villemin et les Jacob, famille de la grand-mère de Grégory.
Mme Jacob et son époux Marcel (un frère de la grand-mère) n'ont eu de cesse de démentir tout conflit et tout rôle dans le décès. Après plusieurs étapes dans ce dossier et malgré leurs dénégations, ils avaient été mis en examen en 2017. Les poursuites avaient été annulées pour vice de forme.
En 2025, une nouvelle expertise avait estimé que Mme Jacob était l'auteur du courrier de revendication, ce qui avait ouvert la porte à la nouvelle mise en examen.






