Violence "portant atteinte à la dignité humaine des victimes
Début janvier, l'avocat suisse Stéphane Riand avait déposé plainte avec son épouse Béatrice, une écrivaine, affirmant que ce dessin constituait une représentation de violence "portant atteinte à la dignité humaine des victimes".
La plainte visait Charlie Hebdo et le dessinateur Eric Salch.
Le dessin incriminé représentait deux skieurs couverts de bandages et à la peau noircie dévalant une pente sur laquelle figure le panneau de signalisation "Crans-Montana", accompagnés des mentions "Les brûlés font du ski" et "La comédie de l'année", en référence à la comédie de 1979 "Les Bronzés font du ski".
Il avait été publié le 9 janvier, décrété en Suisse jour de deuil national en hommage aux victimes de l'incendie d'un bar de Crans-Montana qui a fait 41 morts - principalement des adolescents et jeunes adultes - et 115 blessés dans la nuit du nouvel an. Plusieurs étrangers figurent parmi les victimes, dont des Français et des Italiens.
"Il faut arrêter de vouloir interdire, prohiber, censurer tout ce qui nous bouscule"
Selon le ministère public, cette caricature est "stylisée", "pas réaliste", ne montre aucun acte de cruauté explicite ou de figuration de la souffrance et ne constitue pas "en tant que tel" une représentation de la violence.
En outre, les magistrats ont considéré que, si le moment de sa publication a pu "choquer et offusquer", "le choc que cette caricature peut produire n'est pas suffisant en intensité pour qu'il en devienne préjudiciable au psychisme" des victimes et témoins du drame.
"En Suisse, comme en France, et dans tout pays civilisé, un dessin ne peut être assimilé à une violence, et il faut cesser de prétendre le contraire", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Charlie Hebdo Richard Malka.
"Un dessin peut choquer, être considéré comme étant de mauvais goût (...) mais en tout état de cause, il faut arrêter de vouloir interdire, prohiber, censurer tout ce qui nous bouscule. Cela ne relève aucunement de la justice, mais de la conscience de chacun", a-t-il insisté.
Contacté par l'AFP, le plaignant Stéphane Riand n'était, lui, pas immédiatement en mesure de réagir.






