"Le 14 avril 2026, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a été destinataire des plaintes de quatre députés, pour injure non publique aggravée par la discrimination et la communication par voie électronique, à la suite de la republication, sur les réseaux, de courriers racistes détournant notamment des images de Tintin", a expliqué le ministère public.
Il a précisé que l'enquête était confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Les députés « échappés du Zoo de Beauval »
Le courrier, adressé au groupe parlementaire LFI et dans lequel les députés Danièle Obono, Aly Diouara, Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli sont nommés, avait été reçu le 26 mars, selon la plainte consultée par l'AFP.
Il comporte des cases détournées de "Tintin au Congo", assorties notamment des légendes suivantes "LFI ? Y'en a bon pou' nous Bwana", "Nadège Abomangoli ,Carlos Martens Bilongo,Aly Diouara, Danièle Obono échappée du Zoo de Beauval".
Ça fait bientôt deux ans.
— Aly D (@AlyDiouara) April 2, 2026
Deux ans de haine : courriers et appels racistes, négrophobes, islamophobes, insultes, menaces de mort à l’Assemblée comme chez moi.
Voilà la réalité d’un·e élu·e noir·e en France en 2026. https://t.co/hkEUpIPc8x pic.twitter.com/8KfLx2sdM4
"Cette plainte vise à mettre fin à l'impunité de milliers d'individus multirécidivistes qui se livrent, en parfaite violation de la loi, à un déchaînement de haine raciste à l'encontre des personnes noires, ici, élu-e de la République, qui sont sans cesse animalisé-es et déshumanisé-es à raison de leur couleur de peau", a rappelé auprès de l'AFP l'avocate des députés, Me Chirinne Ardakani.
"Il est attendu et souhaitable que le ministère public, qui agit au nom de la société, mène des investigations en déployant tous les moyens d'enquête utiles afin d'identifier et de poursuivre les auteurs, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé", a-t-elle ajouté.
"Il ne s'agit pas d'une affaire symbolique mais de respecter des obligations internationales de la France qui est signataire de la convention internationale de lutte contre l'éradication de toutes formes de racisme", a précisé Me Ardakani, estimant que "la lutte contre les discriminations et la haine raciste est l'angle mort de la politique pénale définie par le Garde des sceaux".






