"Avec notre sac à dos et notre doudou" : un maire s'inscrit en maternelle pour protester contre une fermeture de classe

Crédit : Adobe Stock
Le maire de Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, Sébastien Olharan, s'est inscrit avec l'ensemble de son conseil municipal à l'école maternelle de son village, durement touché par la tempête Alex, pour protester contre une fermeture de classe, a-t-il annoncé vendredi à l'AFP.
À voir également sur Brut

"Lundi à 8h, avec les 18 autres élus du conseil municipal, nous viendrons tous à l’école du village avec notre sac à dos et notre doudou et nous rentrerons dans l'une des trois classes de maternelle", a déclaré l’élu divers droite Sébastien Olharan.

Le but est de "montrer ce que ça fait de regrouper 50 enfants dans seulement deux classes", ajoute le maire de la commune située dans l'arrière-pays de Nice.

Cette action symbolique, qui intervient après moult démarches auprès des autorités et des mouvements de protestation des parents d’élèves, vise à dénoncer la décision de l’inspection d'académie de supprimer l'une des huit classes de cette école.

Une promesse de l'académie ?

La commune de Breil-sur-Roya, 2.00 habitants, fait partie des villages touchées par la tempête Alex qui avait fait dix morts, huit disparus et des dégâts considérables dans les vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie en octobre 2020.

Son maire soutient que l'académie lui avait promis, en échange l’an dernier de la "primarisation" de l’école (le regroupement des sections de maternelle et des classes élémentaires au sein d’une école primaire), qu’aucune classe ne serait fermée.

"Pour moi, la parole de l’État a une valeur. On pourrait le comprendre si nos effectifs baissaient mais nous aurons 161 enfants à la rentrée prochaine alors qu'ils n’étaient que 135 en 2021", remarque l’élu.

Réponse de l'inspecteur d'académie

L'inspecteur d’académie des Alpes-Maritimes, Laurent Le Mercier, table pour sa part sur 145 enfants à la rentrée prochaine.

"J'aurais pu dès l’an dernier fermer une classe mais je ne l’ai pas fait pour accompagner la primarisation, et je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes", assure-t-il. 

"Avec cette suppression de classe, la moyenne de l’école sera à 20,7 enfants par classe contre 20,5 en moyenne pour les zones rurales du département et 22,2 pour le département en général", observe l’inspecteur, qui suggère d’organiser différemment les sept classes restantes de manière à faire baisser la moyenne en maternelle.

Il ajoute ne pas supprimer un poste mais le "transformer en un poste d'enseignant dédié aux élèves allophones". 

L'élu réplique que cet enseignant dédié n’intervient qu’en élémentaire et peut être amené à tourner dans les autres villages de la vallée qui accueillent eux aussi des enfants de demandeurs d’asile.

À voir aussi :

A voir aussi