Tout part d’une vidéosurveillance de la ville de Paris. Sans elle, aucune preuve concrète pour l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui s’est saisie de l’affaire d’une façon originale. Le comportement des policiers de la BAC a en effet attiré leur attention, alors qu’ils enquêtaient sur une autre affaire à ce moment-là.
Dans l’extrait de la vidéo, d’après Le Parisien, on peut apercevoir quatre hommes casqués en train de patrouiller dans une rue proche des Champs-Elysées. Selon le quotidien, quatre faits sont reprochés aux forces de l’ordre ce soir-là, au moment du match entre la France et le Maroc pour la demi-finale de la Coupe du monde de foot 2022.
Le premier fait concerne un passant à qui les fonctionnaires ont fait ce qui semble être un croche-pied, avant de le pousser dans le dos. Le deuxième est un coup de matraque et un coup de pied aux fesses envers un piéton qui traversait la rue. Le troisième est le fait d’avoir délogé violemment du toit d’une voiture une personne, avant de retirer la cagoule d’un occupant de ce véhicule et de le gazer.
Le quatrième est celui qui a été le plus commenté lors de l’audience, selon Le Parisien et l’AFP : alors qu’un homme se dirigeait vers une voiture de police en montrant les quatre fonctionnaires de la BAC, ces derniers, casqués, l’ont gazé avant de lui décrocher un coup de pied. L’homme dans la vidéo est en position fœtale, dans la rue, sans que les fonctionnaires n’interviennent. Un riverain finit plus tard par lui porter assistance et l'aider à rejoindre le trottoir.
Des violences “injustifiées”
Pour ce dernier cas énoncé, l’avocat de l’homme a fait part de son incompréhension sur l’intervention des forces de l'ordre. Le Parisien relate les propos suivants : “les violences portées à mon client sont totalement injustifiées”, énonce Me Gabriel Chiche.
“Il est en position fœtale, par terre. Vous êtes tous les quatre, vous le voyez, il n'y en a pas un qui bouge", dénonce la magistrate à l’encontre des quatre membres de la BAC. Le verdict fera état pour les fonctionnaires de peines allant de trois à douze mois de prison avec sursis.
L’AFP relate par ailleurs que ces derniers se sont excusés lors de l’audience. "Réaction démesurée", "agacement total", avance l'un, "J'ai été un peu trop vif", complète un autre.Trois d’entre eux avaient pourtant contesté les faits auprès de l’IGPN, la police des polices.
266 personnes interpellées ce soir-là
Les faits se déroulent le 14 décembre 2022, alors que la France affronte le Maroc en demi-finale du Mondial de foot. Lors de cet événement, de nombreux supporters et parisiens rejoignent les Champs-Elysées pour célébrer la victoire de l’équipe de France. Dans ce contexte de liesse, de nombreuses tensions ont lieu en fin de soirée avec les forces de l’ordre, via des jets de projectiles, de gaz lacrymogènes ou encore de feux d’artifice.
On dénombre 266 personnes interpellées dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur, pour quelque 5000 membres des forces de l’ordre déployés en région parisienne. Quelques jours auparavant, le 11 décembre, les Champs-Elysées avaient déjà été le théâtre de tensions lors des quarts de finale.
Cette année-là, l’IGPN publiait également un rapport sur les violences policières. Ce document mentionne que le nombre d'enquêtes menées par leurs soins sur l'usage de la force des policiers sur la voie publique est en nette hausse. “C'est sur la voie publique que les policiers recourent le plus fréquemment à la force”, note l'inspection, qui a été saisie de 272 enquêtes sur ce sujet en 2022.
À l’un des policiers mis en cause, il avait été suggéré par la procureure un retrait de son arme pour une durée de 5 ans. Le tribunal ne l'a pas suivie sur ce point au moment du verdict. L’AFP précise que les policiers mis en cause n’ont reçu aucune sanction disciplinaire de la part de leur hiérarchie.






