Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales

Crédits : Reuters
Voici les dernières évolutions économiques mondiales vendredi vers 08H30 GMT, alors que la guerre au Moyen-Orient est entrée dans son 21e jour:
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Le pétrole recule après des propos de Netanyahu perçus comme rassurants

Le prix du pétrole recule vendredi, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré que l'Iran était en passe d'être "décimé" et que la guerre prendrait fin "plus vite" qu'imaginé.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, se repliait de 1,07%, à 107,49 dollars vers 08H15 GMT. Il avait bondi la veille jusqu'à près de 120 dollars, avant de largement modérer sa course.

Son équivalent américain, le baril de WTI, lâchait 1,93%, à 93,71 dollars.

"Les déclarations de Netanyahu ont apaisé les marché", a écrit dans une note Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. 

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu jeudi en conférence de presse. L'Iran n'a plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques", a-t-il affirmé.

La BCE ne prévoit pas de "récession" en zone euro

Les scénarios dessinés par la Banque centrale européenne (BCE) ne prévoient pas de "récession" en zone euro, a souligné vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

"Dans ces différents scénarios, il n'y a pas de récession, je le souligne", a-t-il indiqué, interrogé par Boursorama sur les répercussions d'un cours du pétrole "durablement au-delà de 120 dollars". "J'ai entendu beaucoup le mot stagflation, qui serait à la fois une stagnation de l'activité et puis une inflation qui s'installe. Ça n'est pas ça dont il s'agit", a insisté M. Villeroy de Galhau.

Les Bourses européennes ouvrent dans le vert

Les Bourses européennes ont ouvert dans le vert vendredi, tentant un rebond avec l'accalmie des prix de l'énergie, de nombreuses économies étant très dépendantes des importations de gaz et de pétrole.

Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,88%, Francfort 1,24%, Londres 0,53% et Milan 1,06%.

Vietnam: les prix des carburants s'envolent en une nuit

Les prix des carburants se sont envolés vendredi au Vietnam, après l'annonce d'une hausse dans la nuit par le gouvernement, qui a demandé à plusieurs pays davantage de livraisons, craignant des pénuries liées à la guerre au Moyen-Orient.

Peu avant minuit jeudi, le gouvernement vietnamien a annoncé une augmentation du prix de l'essence sans plomb 95 de 20% par rapport au week-end, le litre grimpant à 30.690 dongs (1,01 euro), tandis que le prix du litre de gazole a bondi de près de 34% à 33.420 dongs (1,10 euro).

Nouvel incendie dans une raffinerie au Koweit

Un incendie s'est déclaré vendredi au Koweït, sans faire de victime, après une attaque de drones sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi, déjà ciblée jeudi.

Plusieurs unités de cette raffinerie appartenant à la compagnie pétrolière nationale du Koweït ont été mises à l'arrêt, tandis que les pompiers tentaient de contenir l'incendie, selon l'agence de presse officielle koweïtienne.

Les conseils de l'AIE pour réduire la consommation d'énergie

Plus de télétravail, moins de vitesse sur les routes, moins de vols d'affaires... L'Agence internationale de l'énergie (AIE), chargée d'assurer la sécurité de l'approvisionnement en énergie, a listé vendredi 10 mesures pour alléger la pression que la guerre au Moyen-Orient fait peser sur les prix et les stocks d'hydrocarbures.

Les autorités, les entreprises et même les ménages peuvent jouer un rôle pour réduire la demande en hydrocarbures, et ainsi "alléger les impacts économiques pour les consommateurs" des perturbations de l'approvisionnement en pétrole liées à la guerre au Moyen-Orient, explique l'organisation dans un rapport publié vendredi.

Le Qatar dit que les attaques vont réduire de 17% sa capacité d'exportation de GNL

Le ministre de l'Energie du Qatar a déclaré jeudi que les attaques contre les installations énergétiques du pays allaient réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%, entraînant des pertes estimées à 20 milliards de dollars dans les recettes annuelles.

La BCE sonne l'alerte pour la santé de la zone euro

La Banque centrale européenne (BCE) a sonné jeudi l'alerte sur le risque croissant d'inflation, relevant la "grande incertitude" pesant sur l'avenir économique de la zone euro et sa croissance en raison du choc énergétique causé par la guerre au Moyen-Orient.

Dans un environnement toujours plus chaotique qui pourrait conduire au dilemme de la stagflation, mélange de prix élevés et de croissance atone, la BCE s'estime néanmoins "bien positionnée" et "bien équipée" pour apporter en temps voulu la réponse monétaire nécessaire, a dit sa présidente Christine Lagarde lors d'une conférence de presse.

Washington songe à lever ses propres sanctions sur le pétrole iranien

Les Etats-Unis ont envisagé jeudi d'alléger certaines sanctions ciblant le pétrole iranien, près de trois semaines après les premières frappes menées par le pays en Iran qui ont fait bondir les prix à la pompe.

"Dans les jours à venir, nous pourrions lever les sanctions sur le pétrole iranien qui se trouve actuellement en mer", a déclaré le ministre américain des Finances Scott Bessent, interrogé sur la chaîne Fox Business.

Selon M. Bessent, il s'agirait d'utiliser "les barils iraniens contre les Iraniens pour maintenir les prix à un niveau bas", alors que se poursuit "cette campagne" militaire.

De l'Asie et jusqu'en Afrique, des agricultures très exposées

La guerre au Moyen-Orient met particulièrement en péril les agricultures d'Afrique et d'Asie du sud, aux pratiques souvent intensives sur des sols fragilisés, très dépendantes d'un marché mondial des engrais bouleversé.

L'impact du blocage du détroit d'Ormuz sur les engrais, clé des rendements agricoles mondiaux, est double, a expliqué à l'AFP l'économiste en chef de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Maximo Torero. "Les perturbations maritimes tendent à créer un choc d'approvisionnement immédiat, tandis que la hausse des prix du gaz génère des pressions de marché plus vastes et durables", a-t-il souligné.

Les prix mondiaux des fertilisants, largement dépendants de ceux du gaz nécessaire à leur fabrication, pourraient croître de 15-20% ce semestre si la crise se prolonge, selon la FAO.

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