Incendie contre une ancienne synagogue à Londres, après une série d'attaques antisémites

Reuters
La police antiterroriste britannique enquête sur un incendie ayant visé tôt mardi matin une ancienne synagogue à Londres après une série d'attaques à caractère antisémite, sujet au centre d'une réunion convoquée par le Premier ministre Keir Starmer à Downing Street.
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Montée de l'antisémitisme au Royaume- Uni

L'incendie mardi matin a causé des dégâts mineurs au portail du bâtiment et n'a pas fait de blessé, a indiqué la police dans un communiqué. Il s'est produit dans le quartier de Tower Hamlets, dans l'est de la capitale.  

"Le bâtiment visé n'est plus utilisé comme synagogue depuis plusieurs années, mais cela n'apportera que peu de réconfort à la communauté juive", a déclaré Brittany Clarke, responsable de la police dans ce quartier.

Cet incident intervient alors que le Royaume-Uni a relevé son niveau de menace terroriste, après une attaque au couteau le 29 avril contre deux hommes juifs dans le quartier de Golders Green, dans le nord-ouest de la capitale.

Depuis fin mars, une série d'incendies ou de tentatives d'incendie ont visé des synagogues et des lieux liés à la communauté juive. 

Le Premier ministre Keir Starmer a convoqué une réunion mardi à Downing Street, notamment avec des responsables de la police, du domaine de la culture, de l'éducation, de la santé afin de trouver une réponse à "la crise" représentée par la montée de l'antisémitisme au Royaume-Uni.

Un climat politique tendu

La montée de l'antisémitisme est devenue un thème majeur dans la campagne avant les élections locales de jeudi au Royaume-Uni, qui s'annoncent difficiles pour le gouvernement travailliste.

Le Labour (centre-gauche) a en particulier accusé d'antisémitisme les Verts, qui ont un programme très marqué à gauche et des positions pro-palestiniennes. 

Selon les sondages, ils devraient progresser dans des zones traditionnellement travaillistes, en particulier à Londres.

Deux candidates des Verts ont été arrêtées par la police fin avril, soupçonnées d'incitation à la haine, à la suite de messages publiés sur les réseaux sociaux. Toutes deux ont été suspendues par le parti, ont rapporté des médias britanniques. 

Le chef des Verts, Zack Polanski, de confession juive, a lui-même tenu des propos qui ont fait polémique.

Interrogé fin avril sur la série d'incendies et tentatives d'incendie ciblant la communauté juive à Londres, il s'est dit "préoccupé par la hausse des actes antisémites", mais a ajouté qu'il faudrait un "débat pour savoir s'il s'agit d'un sentiment d'insécurité ou d'une insécurité réelle".

Keir Starmer, qui a pris la tête du Labour en 2020, a mené une véritable purge au sein du parti pour tourner la page des accusations d'antisémitisme sous son prédécesseur Jeremy Corbyn.

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