Nombre de Kényans craignent des contaminations dans leur pays, qui ne dispose d'aucune frontière commune avec la RDC et n'a enregistré aucun cas d'Ebola depuis la déclaration de l'épidémie mi-mai en République démocratique du Congo. Des années de corruption et de mauvaise gestion ont fortement affaibli le système de santé au Kenya.
"La base aérienne de Laikipia est l'un des 23 centres de quarantaine et d'isolement que nous construisons. Et nous n'arrêterons pas", s'est défendu Aden Duale devant les députés, soulignant que le centre n'est pas uniquement destiné aux étrangers.
"Le gouvernement n'a rien fait d'illégal (...) Cette épidémie ne nécessite aucune consultation", a-t-il poursuivi.
Deux morts
La forte contestation contre ce projet a même entraîné la mort de deux personnes, tuées par balles, selon des défenseurs des droits humains, lors de manifestations lundi à Nanyuki, ville située près de la base aérienne de Laikipia (environ 200 km au nord de la capitale Nairobi), où le centre doit entrer en activité.
Des affrontements étaient alors survenus avec les forces de sécurité, selon des médias kényans.
La Haute Cour kényane, saisie par une organisation de défense des droits constitutionnels, a ordonné la semaine dernière la suspension de l'ouverture du centre - prévue vendredi dernier selon des responsables américains.
Mardi, la juridiction a prolongé cette suspension et enjoint au gouvernement de "divulguer tous les accords" relatifs à cette structure sous sept jours.
L'épidémie actuelle de maladie à virus Ebola, fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, a été déclarée dans le nord-est de la République démocratique du Congo.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a drastiquement revu à la baisse mardi son estimation de cas suspects de virus Ebola en RDC, qui passe de 906 à 116. Mais 330 cas ont été confirmés, ayant causé 49 décès.
L'Ouganda voisin, qui a confirmé 15 infections dont une mortelle, est le seul autre pays où le virus s'est pour l'heure propagé.






