Donald Trump a exhorté dimanche Cuba à accepter "avant qu'il ne soit trop tard" un "accord", sans préciser sa nature, suscitant la colère du président cubain, répliquant que "personne ne dicte quoi faire" à son pays.
"IL N'Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D'ARGENT A DESTINATION DE CUBA - ZÉRO!", a écrit le président américain sur son réseau social Truth Social. "Je suggère fortement qu'ils acceptent un accord, AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD".
Cuba "est une nation libre, indépendante", et "personne ne dicte quoi faire" à ce pays a rapidement réagi sur X son président, Miguel Diaz-Canel.
Les propos de Donald Trump interviennent une semaine après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro. L'opération, menée de nuit à Caracas, a coûté la vie à des dizaines de membres des forces de sécurité vénézuéliennes et cubaines.
Cuba est soumis depuis 1962 à un embargo imposé par les Etats-Unis en pleine Guerre froide et renforcé au fil des ans, mais Donald Trump a durci le ton ces derniers jours.
"La plupart de ces Cubains sont morts lors de l'attaque américaine de la semaine dernière, et le Venezuela n'a plus besoin d'être protégé contre les voyous et les extorqueurs qui les ont tenus en otage pendant tant d'années", a poursuivi Donald Trump dans son message.
"Cuba a vécu pendant de nombreuses années grâce aux importantes quantités de pétrole et d'argent provenant du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des 'services de sécurité' aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais c'est fini!", a-t-il ajouté.
A partir de 2000, Cuba a signé un accord de coopération avec le Venezuela du président Hugo Chavez (1999-2013), prévoyant un approvisionnement en pétrole contre l'envoi de médecins et d'enseignants.
"Doctrine Donroe"
Donald Trump a également republié un message dimanche suggérant que le secrétaire d'État américain Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir président de l'île caribéenne, l'accompagnant de ce commentaire : "Ça me semble bien !"
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez a affirmé sur X que "le droit et la justice (étaient) du côté de Cuba".
"Les Etats-Unis se comportent comme un criminel hégémonique et incontrôlable qui menace la paix et la sécurité, non seulement à Cuba et dans cet hémisphère mais aussi dans le monde entier", a-t-il ajouté.
L'élu républicain de Floride, Mario Diaz-Balart, a lui salué dimanche les propos du président américain affirmant que "la tyrannie à Cuba ne survivra pas au second mandat du président Trump".
Donald Trump qui un temps fustigeait l'interventionnisme des Etats-Unis, affirme à présent appliquer la "doctrine Donroe", jeu de mots avec le nom de la politique du président américain James Monroe qui, en 1823, affirmait que l'Amérique latine était la chasse gardée des Etats-Unis.








