Sur un peu plus de 80 km de côtes, entre les départements de la Manche et du Calvados dans le nord-ouest de la France, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944 furent le théâtre d'une bataille décisive pour libérer l'Europe du nazisme et mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.
Ces plages "sont directement et matériellement associées au Débarquement (...) qui a joué un rôle décisif dans la libération de l'Europe occidentale de l'occupation nazie", a rappelé une représentante du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) de l'Unesco, lors de la session à Busan, en Corée du Sud.
Cet ensemble de sites "commémore symboliquement l'immense sacrifice humain qui a été fait pour renverser une occupation autoritaire bien ancrée en Europe", a-t-elle poursuivi. De nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs sont associés.
"On est super heureux, parce qu'on n'y croyait plus", a déclaré à l'AFP le président de la Région Normandie, Hervé Morin, présent à Busan, dans ce dossier lancé en 2006. "Il n'y a pas un label plus prestigieux que celui-ci", a-t-il salué, estimant que cela pourrait faire venir 20% de touristes en plus sur les sites.
"Une immense fierté pour la Normandie et pour la France !", s'est réjouie la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, sur X.
C’est officiel : les plages du D-Day et la Pointe du Hoc entrent au patrimoine mondial de l’@UNESCO ! 🇫🇷
— Alice Rufo (@RufoAlice) July 26, 2026
Ce haut lieu de mémoire est désormais reconnu comme un bien universel de l'Histoire de l'humanité. Une immense fierté pour la Normandie et pour la France !
Cette inscription… pic.twitter.com/dg5rWVqL3V
56 biens classés à l’Unesco pour la France
La présidente du département de l'Aude, Hélène Sandragné, a également salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l'Unesco, le qualifiant de "levier" pour le développement touristique et économique. "Il va accroître notre attractivité et l'Aude en a besoin", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, dont celle de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse ou Quéribus dans l'Aude, ont été édifiées à l'issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu'une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal.
Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d'hérésie.
Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un oeil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d'Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.
Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l'humanité en 1997. Considérés comme un "élément central du système défensif", son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l'Unesco.
"Ces forteresses témoignent de l'adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française", a estimé l'Unesco.
Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 "hérétiques" ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu'on visite aujourd'hui, l'effacement du mot "cathare" a "ému pas mal de personnes". Une pétition d'opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9.400 personnes.
Avec ces deux nouveaux sites inscrits au patrimoine mondial de l'humanité, "la France compte désormais 56 biens classés à l’Unesco. C’est une fierté, mais aussi une responsabilité", a déclaré de son côté à l'AFP la ministre de la Culture Catherine Pégard.






