Quel est le bilan actuel ?
Selon un dernier bilan de l'agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC) samedi 16 mai 2026, 91 décès vraisemblablement dus au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects. Le décès d'un Congolais de 59 ans a été signalé en Ouganda voisin.
L'épidémie en cours, déclarée par les autorités sanitaires congolaises et internationales vendredi 15 mai 2026, "constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d'une urgence pandémique", a déclaré sur X le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. L'USPPI est, depuis 2024, le deuxième niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS, derrière celui “d'urgence due à une pandémie”.
After having consulted the #DRC and #Uganda where the #Ebola disease caused by Bundibugyo virus is known to be currently occurring, I determine that the epidemic constitutes a public health emergency of international concern (PHEIC), as defined in the provisions of IHR.
— Tedros Adhanom Ghebreyesus (@DrTedros) May 17, 2026
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Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC depuis que la maladie a été identifiée en 1976. Selon l’AFP, Ebola a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.
Y a-t-il un vaccin ?
Le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) est touché par la propagation d'un variant du virus Ebola, particulièrement létal et pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement d’après l’AFP. "Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines", a raconté Isaac Nyakulinda, un représentant de la société civile de la ville de Rwampara, contacté par l'AFP.
Le virus provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. La transmission humaine du virus est possible par fluides corporels ou par le sang, que la personne infectée soit vivante ou morte. Les malades ne deviennent contagieux qu'après l'apparition des symptômes, la période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours. L’OMS rappelle qu’il y a, avec ce variant d’Ebola, un taux de létalité moyen "d'environ 50 %", même si "au cours des flambées précédentes, les taux sont allés de 25 % à 90 %".
La maladie peut-elle se répandre sur le continent africain ?
La situation est telle que la maladie a commencé à se répandre en RDC, ainsi qu’aux pays limitrophes. Un premier décès a été confirmé de l'autre côté de la frontière, à Kampala (Ouganda). Un nouveau cas vient également d'être annoncé à Goma, ville congolaise de plus d'un million d'habitants contrôlée par le groupe armé M23, située à plus de quinze heures de route du foyer épidémique. L’OMS prévoit actuellement l'envoi par avion de cinq tonnes de matériel médical vers le foyer épidémique.
Selon une source administrative locale et des journalistes de l'AFP sur place, la frontière entre la RDC et le Rwanda est partiellement fermée depuis dimanche matin.
Il y a déjà eu un précédent de propagation en Afrique de l’Ouest d’Ebola, entre 2014 et 2016, a rappelé Éric d’Ortenzio, médecin épidémiologiste à l'agence de l'Inserm ANRS-Maladies infectieuses émergentes sur France Info.
De son côté, Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris, précise dans une interview que l’épidémie est actuellement “un risque possible au niveau de la région des Grands Lacs". Car les régions touchées ont "une densité de population importante et donc des capacités de transmissions importantes", ajoute-t-il.
Peut-elle arriver en Europe ?
Xavier Lescure a rajouté dans son entretien accordé à France Info que le risque de propagation à la région française de Mayotte “reste faible”. Il a rappelé que "La prise en charge et l'isolement des malades se font assez rapidement en Europe", ce qui a jusqu’ici permis d'éviter une propagation du virus à l’échelle mondiale.
“On est en train de booster la recherche avec l’OMS (...) pour aider les populations locales”, détaille de son côté Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la gestion des crises sur le média belge RTL Info. Concernant une éventuelle fermeture des frontières, et une coupure des liaisons aériennes avec l’Afrique, elle précise la chose suivante : “On a eu des consultations avec l’Organisation mondiale de la santé. Ensemble, on a décidé que non, on ne ferme pas les frontières”, a-t-elle ajouté.
Selon la BBC, ce sont les pays limitrophes de la RDC qui restent particulièrement à risque “en raison des échanges commerciaux et des déplacements”. De son côté, l’OMS rappelle dans un communiqué que “les personnes ayant été en contact avec des cas de virus Bundibugyo (nom du variant d'Ebola) ainsi que les personnes infectées ne doivent effectuer aucun voyage international, sauf si ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une évacuation médicale appropriée”.






