"169 corps ont été inhumés dans une fosse commune"
Quelque "169 corps ont été inhumés dans une fosse commune", a déclaré par téléphone à l'AFP Elizabeth Achol, ministre de la Santé de la région administrative de Ruweng, où les tueries ont eu lieu.
"Mais c'est la réalité à laquelle nous sommes confrontés, et nous prions pour qu'un jour les choses changent", a-t-elle ajouté, se disant "profondément touchée".
"Ce chiffre pourrait encore augmenter si d'autres corps sont découverts", a de son côté indiqué James Monyluak, ministre de l'Information de la région, faisant état du même nombre de morts et assurant que la situation sécuritaire s'était depuis stabilisée.
Une source diplomatique a parlé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, d'"au moins 70 morts, mais ce nombre pourrait dépasser 100".
Selon cette source, le massacre est le fait de jeunes de l'ethnie Nuer venus de l'État voisin d'Unité, qui se seraient vengés du meurtre de certains des leurs dans un marché d'Abiemnom, dans la région de Ruweng.
Les assaillants ne sont, selon cette source, pas proches du parti d'opposition de Riek Machar, dont la branche militaire est opposée à l'armée loyale au président Salva Kiir.
"Attaque barbare"
Nyakenya Yohannes, ministre de l'Information de l'État d'Unité, a déploré une attaque "profondément regrettable", mais démenti que les assaillants soient venus de son territoire.
Les combats entre les camps de MM. Kiir et Machar se sont également intensifiés ces dernières semaines, notamment dans l'État du Jonglei (centre-est), où au moins 280.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU.
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a déploré lundi avoir perdu le contact avec 26 de ses employés dans cet État à la suite des violences.
Le massacre de dimanche a démarré par une attaque vers 04H30 dans le comté d'Abiemnom, près de la frontière avec le Soudan, et a duré plus de trois heures, a expliqué James Monyluak.
Ce responsable avait d'abord donné un premier bilan de plus de 120 morts, parmi lesquels "environ 80 des victimes étaient des civils, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées", et des dizaines de blessées.
Une quarantaine d'autres étaient des militaires, avait-il ajouté.
Le gouvernement sud-soudanais s'est dit "profondément consterné par l'attaque barbare perpétrée dans le comté d'Abiemnom".
Le ministre de l'Information, Ateny Wek Ateny, a dans un communiqué confirmé le meurtre de deux responsables locaux. Il a assuré que les forces de l'ordre mèneront une enquête et que les responsables seront traduits en justice, sans donner d'informations sur ces derniers.
Les opérations de secours sont toujours en cours et le bilan reste à confirmer, a-t-il ajouté.
Risque de "reprise de la guerre civile généralisée"
"A la suite des violences survenues hier à Abiemnom, nos Casques bleus ont rapidement renforcé leur présence, accueillant temporairement un millier de civils dans notre base et prodiguant des soins médicaux d'urgence aux blessés", a expliqué la porte-parole de la mission des Nations unies dans le pays Priyanka Chowdhury.
L'ONU a averti la semaine dernière du risque de "reprise de la guerre civile généralisée" au Soudan du Sud. En janvier, 189 civils tués ont été recensés, ainsi que de nombreuses violations des droits humains.
Un conflit sanglant entre les partisans des MM. Kiir et Machar, avait fait quelque 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.







