Quel est l'objectif de la mesure ?
Adopté fin 2023 dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, le remboursement des protections périodiques réutilisables vise à "lutter contre la précarité menstruelle", "soutenir le pouvoir d'achat en réduisant une dépense contrainte" et "encourager l'usage de protections réutilisables, plus durables et plus respectueuses de l'environnement et non nocives pour la santé", expliquent dans un communiqué conjoint les ministères de la Santé et de l'Egalité femmes-hommes.
"Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c'est une question de santé et dignité", souligne dans ce communiqué la ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Aurore Bergé.
Coton, vieux vêtements déchirés... Une femme sur dix utilise des alternatives aux protections menstruelles faute de moyens, selon une étude réalisée en novembre 2025 pour l'association Dons Solidaires, sur un échantillon de 4.002 adultes.
Qui pourra en bénéficier ?
La mesure, prévue pour s'appliquer selon le gouvernement à "la rentrée universitaire", donc en théorie en septembre ou octobre, cible les femmes de moins de 26 ans et les plus précaires, soit les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sans limite d'âge. Le gouvernement estime qu'elle concernera "6,7 millions de personnes".
Dans le détail, le projet prévoit que les assurées de moins de 26 ans soient remboursées à hauteur de 60% par l'assurance maladie et que les complémentaires prennent en charge le reste. Les plus précaires, bénéficiaires de la C2S, bénéficieront elles d'une prise en charge à 100% de ces protections.
"C'est une bonne chose", a salué auprès de l'AFP Manon Moret, secrétaire générale du syndicat étudiant Unef. Face "à l'augmentation de la précarité étudiante, c'est d'autant plus important d'avoir des politiques sur la question des soins et de l'hygiène", a-t-elle souligné. Selon la dernière étude de l'organisation étudiante, parue en août dernier, l'écart de coût de la vie atteint près de 285 euros entre les personnes qui ont leurs menstruations et celles qui n'en ont pas.
À Osez le féminisme, la porte-parole Gaëlle d'Albenas, se dit "très contente" de la mesure, bien qu'elle regrette qu'elle ait "tardé" à être mise en place "car ce ne sont pas des sujets considérés prioritaires".
Si l'Union étudiante salue également "une mesure qui va dans le bon sens", elle dénonce "un remboursement partiel qui ne va pas mettre un terme à la précarité menstruelle" et regrette la limite d'âge à 26 ans. "C'est juste un pansement", estime auprès de l'AFP Lenna Guerrier, représentante Île-de-France de l'organisation syndicale.
Quels produits sont concernés ?
Le remboursement concernera à ce stade les produits périodiques réutilisables commercialisés dans les pharmacies, comme les culottes et les coupes menstruelles. Pour les références concernées, "le cahier des charges sera publié après l'avis de l'Anses", l'agence de sécurité sanitaire, a précisé à l'AFP le ministère de la Santé.
"Il faut s'assurer que les produits concernés soient les plus sains possible et il faut voir à quel point ils correspondent aux besoins des femmes", qui, souvent, utilisent une combinaison de différents types de produits lors de chaque cycle, fait valoir Maud Leblon, directrice générale de Règles élémentaires. L'association de lutte contre la précarité menstruelle salue une "très bonne nouvelle", mais attend donc de "voir comment la mesure va être mise en œuvre".
Du côté des fabricants, Marion Goilav, cofondatrice de la marque de lingerie Elia, retient "une avancée incroyable" pour les femmes et y voit aussi "une chance de pouvoir relancer la réindustrialisation en France". "Il y a une attente de traçabilité des produits", a-t-elle également estimé.






