Vendredi 6 mars, l’armée israélienne a annoncé avoir lancé une mission pour trouver la dépouille du pilote Ron Arad, un officier de l’armée de l’air capturé par le groupe chiite Amal lors d’un raid aérien au Liban en 1986. Mais cette opération a échoué, faisant plusieurs dizaines de morts.
À 12h30, Avichai Adrae, le porte-parole de l’armée israélienne, a ordonné aux habitants de quitter le village de Nabi Chit. À peine quelques minutes plus tard, l’armée du pays hébreux a commencé à bombarder des quartiers résidentiels de Nabi Chit, afin de créer une diversion sur leur véritable opération.
Une stratégie soigneusement rodée
Un immeuble surplombant la ville a été entièrement détruit dans ces frappes. “Neuf personnes ont été tuées dans l’immeuble, principalement des enfants. Toutes avaient moins de 20 ans”, affirme un habitant interrogé par Le Monde.
Plus tard, en fin d’après-midi des hélicoptères ont déposé des troupes israéliennes au sol. Leur objectif est de profiter de l’agitation pour se rendre au cimetière de Nabi Chit et aller chercher les restes de Ron Arad.
Afin de ne pas être repéré, l’armée israélienne aurait utilisé des véhicules et des ambulances similaires à ceux du Hezbollah ainsi que des uniformes ressemblant à ceux de l’armée libanaise, selon Rodolphe Haykal, le chef de l’armée libanaise.
Une mission qui tourne au massacre de 41 Libanais
Les soldats israéliens auraient atteint le cimetière pour ouvrir et fouiller plusieurs tombes, avant que de brefs combats ne commencent. Selon Libération, Hamda al-Halbawi, une habitante dont la maison se trouve à proximité du cimetière, entendant des coups de pelle, serait sortie pour voir ce qui se passe. Les militaires auraient alors ouvert le feu sur elle et sa famille, les tuant.
Des membres du Hezbollah, averti, seraient alors arrivés sur place, et des combats ont alors été engagés avec l’armée israélienne pendant une trentaine de minutes.
Pendant ce temps, le mouvement islamiste chiite affirme que l’armée de l’air israélienne a mené une quarantaine de frappes aériennes dans la zone afin de permettre à l’unité au sol de se retirer vers 3 heures du matin.
Samedi soir, Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien, a annoncé sur X que ses soldats avaient mené une “opération spéciale pour localiser et libérer le pilote Ron Arad”, sans “obtenir les résultats escomptés.” “L’engagement de l’État d’Israël et le mien à mener à bien toutes nos missions concernant les prisonniers de guerre et les disparus sont absolus et inébranlables”, affirme-t-il.
Selon le ministère de la Santé, cette opération a provoqué la mort de 41 personnes, dont trois soldats, et en a blessé 40 autres, côté libanais.






