Ghali, le rappeur entre l’Italie et la Tunisie

Il a déjà 135 millions de vues sur YouTube. Brut est allé à la rencontre du rappeur italo-tunisien Ghali, lors de son passage à Paris.

“Parfois je me sens tunisien, d'autres fois, italien”

“Si j'étais un plat, je pense que je serais une ‘pizza kebab’. C'est l'explication parfaite de ma musique. Parce que je suis un mix de ces deux cultures.” Ghali est le nouveau rappeur qui a percé sur la scène musicale italienne. Après le succès de ‘Cara Italia’, en 2018, avec plus de 135 millions de vues sur YouTube, il enchaîne les feats avec des artistes comme Stormzy, Ed Sheeran ou Soolking. Le titre ‘Wallah’, issu de son dernier album, ‘Sensazione ultra’ sorti en 2022, fait déjà un carton. D'origine tunisienne mais né à Milan, le jeune homme montre avec fierté sa double culture. Brut en session studio avec le rappeur Soolking

“Être italo-tunisien, c'est une chose à laquelle je n'avais jamais pensé, avant que les gens ne m'en parlent, honnêtement. Parfois je me sens tunisien, d'autres fois, italien. Parfois, les deux, d'autre fois à rien. Parfois, quand je vais en Tunisie, on ne me fait pas sentir que je suis tunisien. Et parfois, lorsque je suis en Italie, et ils ne me font pas sentir italien non plus. Mais je pense que c'est très commun, aujourd'hui, pour notre génération. C'est une sorte de phénomène. Beaucoup de gens ressentent la même chose. Mais je pense que c'est incroyable d'avoir une double culture. Si tu arrives à en tirer un avantage, tu peux réaliser de belles choses, des choses intéressantes. Tu peux faire en sorte que les gens se sentent moins seuls”, pense le jeune homme. Sourd de naissance, Mattéo est devenu rappeur

“La meilleure façon de faire de la musique, c'est de parler comme à la maison”

Pour Ghali, faire de la musique lui a permis de montrer la réalité de sa double culture. “Je pense que la meilleure façon de faire de la musique, c'est de parler comme tu parles à la maison. Ça doit être honnête et naturel. Et quand je suis honnête et naturel, je parle plusieurs langues. En grandissant, chez moi, avec ma mère, on parlait à moitié en italien, à moitié en tunisien, et c'est pour ça qu'il y a un mélange des deux dans les paroles de mes chansons.” La rencontre entre rap et musique classique

L'artiste ressent également une très grande proximité avec la France. “C'est peut-être pour ça que, parfois, je me sens à la maison ici (à Paris). Parce que beaucoup de gens sont comme moi ici, ils ont une double culture. Parce que la deuxième génération s'est imposée il y a longtemps ici, peut-être il y a quarante ans. Les personnes d'origine arabe se sont battus pour leurs droits depuis un moment, ce qui en Italie est encore très récent. Nous ne sommes pas beaucoup d'artistes arabes. Il y a juste moi et deux autres personnes, je crois. C'est ça qui me rend fier. C'est d'apporter de l'inclusivité et de mixer les cultures. C'est tout ce qui compte pour moi”, conclut Ghali. Une journée avec Joysad à Périgueux

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Brut.