Dix militants britanniques d'extrême droite se livrant notamment à des actions contre des migrants sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais, qui souhaitaient rejoindre le Royaume-Uni, ont été interdits de territoire français, a annoncé mercredi le ministère de l'Intérieur.
L'attention des services du ministère a été appelée "à plusieurs reprises, et par différents acteurs, sur la présence d'activistes d'extrême droite", du mouvement "Raise the colours", se livrant à des actions de destruction de "small boats", précise le ministère. Ces actions sont "de nature à occasionner de graves troubles à l'ordre public", a-t-il justifié.
Il explique avoir pris mardi en conséquence des mesures d'interdiction administrative du territoire à l'encontre de dix ressortissants britanniques, "identifiés comme militants au sein du mouvement".
"Dès lors, l'entrée et le séjour en France leur sont interdits", écrit-il.
Le ministre de l'Intérieur félicite notamment les autorités régionales de leurs actions pour "garantir l'ordre public et prévenir les actions à caractère violent ou provoquant à la haine et à la discrimination".
La justice française avait ouvert une enquête préliminaire pour "violences aggravées" commises sur des migrants dans la nuit du 9 au 10 septembre à Grand-Fort-Philippe, près de Dunkerque, à la suite du signalement par une association.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre, quatre hommes arborant des drapeaux anglais et du Royaume-Uni ont agressé verbalement et physiquement un groupe de migrants à Grand-Fort-Philippe, en leur disant qu'ils n'étaient pas les bienvenus en Angleterre et en volant certaines de leurs affaires, avait rapporté à l'AFP Félicie Penneron, coordinatrice d'Utopia 56 près de Dunkerque.
En 2025, 41 472 migrants ont réussi à traverser la Manche depuis la France sur de petites embarcations pour rejoindre le Royaume-Uni, le deuxième nombre le plus élevé après le record enregistré en 2022.
Un accord a été signé cet été entre les deux pays pour tenter d'y mettre fin alors que le Premier ministre britannique est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK.
L'accord prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de petits bateaux au Royaume-Uni, en échange de l'accueil par ce pays de migrants se trouvant en France, sur le principe du "un pour un".








