La police municipale de Noisiel prise pour cible après des interpellations, l'IGPN saisie

Des tirs de mortiers et une tentative d'intrusion ont visé lundi soir les locaux de la police municipale à Noisiel (Seine-et-Marne) après des interpellations liées au narcotrafic, a indiqué mardi le procureur de Meaux, qui a ouvert trois enquêtes dont une visant une intervention musclée des forces de l'ordre.
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Selon un premier communiqué du parquet diffusé mardi matin, l'origine de ces faits remonte à l'interpellation de trois hommes âgés de 18 à 23 ans à Noisiel à 21h20, deux d'entre eux pour violations d'interdictions de paraître en lien avec la lutte contre le narcotrafic et le troisième pour provocation à la rébellion.

A 23h10, une trentaine de personnes se sont regroupées devant les locaux de la police municipale de Noisiel où des tirs de mortiers d'artifice ont visé des agents de police municipale, sans occasionner de blessé, a indiqué Jean-Baptiste Bladier, procureur de Meaux.

Plusieurs personnes ont également tenté de pénétrer dans les locaux après avoir dégradé le portail, "afin, vraisemblablement, d'y mettre le feu", selon les informations transmises mardi soir par le parquet.

Des renforts de la police nationale ont été à leur tour visés par des projectiles et un véhicule de service a été endommagé.

Trois mineurs de 15 ans et un homme de 35 ans avaient été interpellés pour participation à un attroupement armé, violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique et dégradation de biens publics.

Leurs gardes à vue ont été levées, a indiqué mardi soir le procureur. Les investigations se poursuivent dans le cadre d'une enquête préliminaire, afin d'avoir "le temps nécessaire à l'exploitation des nombreux enregistrements vidéos" et "d'identifier le plus grand nombre de participants aux violences" et aux "dégradations", a-t-il précisé.

Deux autres personnes doivent être déférées mercredi au parquet, l'une pour outrage et rébellion, l'autre en vue d'une comparution immédiate pour provocation à un attroupement armé, selon le procureur.

Enquête de l'IGPN

Une autre enquête a été ouverte, et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), alors que l'une des interpellations, filmée par des témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, apparaît réalisée "dans des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités".

Sur la vidéo, filmée depuis un immeuble voisin et relayée notamment sur le compte X du député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes, on aperçoit deux policiers suivre un homme et le plaquer au sol.

"Couche-toi, enculé!", prononce un des deux agents avant qu'un engin explosif soit déclenché au niveau du visage de l'homme à terre. L'un des policiers lui assène alors plusieurs coups de poing.

Cette personne souffre de blessures évaluées à 5 jours d'incapacité totale de travail, selon le communiqué de Jean-Baptiste Bladier.

Le procureur de Meaux a démenti par ailleurs des "allégations diffusées sur les réseaux sociaux" selon lesquelles "une personne se trouverait dans le coma et une autre aurait perdu l'usage d'un œil à la suite" des violences urbaines. Elles sont "parfaitement inexactes", a-t-il affirmé.

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