Trente mois requis contre le faux infirmier obsédé par les veines

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Trente mois de prison ferme ont été requis mercredi à Lorient contre Nicolas Gonidec, un faux infirmier obsédé par les veines jugé pour la troisième fois pour des prises de sang illégales.
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La procureure Laetitia Mirande a pointé le "tableau clinique catastrophique" du prévenu, dressé par l'expertise psychiatrique.

Même si ce tableau aurait pu être plus nuancé, "on n'est peut-être pas très loin de la vérité", a-t-elle estimé.

Fasciné par les veines depuis l'âge de dix ans, Nicolas Gonidec avait fait l'objet d'un rappel à la loi en 2001 pour des piqûres illégales. Il a ensuite été condamné à trois ans de prison (dont un ferme) à Saint-Brieuc en 2021, puis à cinq ans ferme à Quimper le mois dernier, pour des faits similaires. 

Agé de 44 ans, il comparaissait mercredi devant le tribunal correctionnel de Lorient pour des prélèvements et injections illégales sur sept nouvelles victimes.

Il lui est reproché de leur avoir prélevé du sang sous le prétexte d'un dépistage infectieux ou de leur avoir injecté de la vitamine B12, en se faisant passer pour un infirmier. 

Relançant ses victimes par SMS, il proposait à certaines d'entre elles des massages tantriques, ce qu'elles ont refusé. Lors du procès de Quimper, Nicolas Gonidec avait été condamné pour agressions sexuelles sur sept des 47 parties civiles. Il a fait appel de cette condamnation.

En détention provisoire depuis le mois de décembre, le quadragénaire est apparu détaché et à l'aise à la barre, lisant des notes et semblant satisfait de parler de lui-même. Il a reconnu les faits, tout en les minimisant.

Lorsque le président l'interroge sur son obsession pour les veines, Nicolas Gonidec le félicite pour ses "très, très bonnes questions".

Pas de "sentiment de honte"

"C'est comme si j'étais dans un tunnel infernal, où j'ai l'impression d'être infirmier", dit-il, sans parvenir à expliquer pourquoi son obsession porte uniquement sur les veines des femmes.

"Ça fait partie des choses qu'on explore avec mon psy", a-t-il dit, évoquant le "traumatisme" dont il aurait été victime à l'âge de cinq ans, après une prise de sang douloureuse qui serait à l'origine de ses actes.

Une hypothèse balayée par l'expert psychiatre Patrick Brossault, qui a décrit Nicolas Gonidec en "psychopathe, narcissique et pervers" faisant preuve d'une "culpabilité de façade sans véritable honte".

"Ce qu'il nous raconte, c'est de l'enfumage. Il n'y a rien à faire. Il va recommencer, il va récidiver", a estimé le psychiatre, évoquant même un "risque d'aggravation".

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