C’est aujourd’hui qu’un procès de deux semaines débute contre un ostéopathe strasbourgeois, accusé de viols et agressions sexuelles sur 29 de ses patientes. 23 d’entre elles se sont constituées partie civile, reprochant à l'accusé des “gestes intrusifs” que lui dement, parlant de “maladresses”.
Pierre G. comparaît libre, sous contrôle judiciaire, et encourt 20 ans de réclusion criminelle.
Dans cette première journée de procès, sa famille a pris sa défense indique l'AFP. Elle décrit un homme "doué" et dépeignant comme "courants" les gestes sur les parties intimes dont il est accusé.
"Ça m'embêtait que les gens continuent d'avoir mal"
Son père a défendu bec et ongles un homme "doué des mains" et fustigé la "judiciarisation à outrance depuis MeToo".
De son côté, sa demi-soeur a affirmé consulter elle-même un ostéopathe ayant recours à des pénétrations - consenties - quand bien même cette pratique est interdite dans la profession.
A la barre, Pierre G. a reconnu "voir le corps (de manière) trop mécanique", et a expliqué qu'avant d'avoir interdiction d'exercer son métier, il privilégiait le "résultat" plutôt que "l'obligation de moyens" à laquelle son métier l'astreignait. "Ça m'embêtait que les gens continuent d'avoir mal", a-t-il justifié.
Bien que la première plainte à son encontre remonte à 2018, l'enquête n'a réellement débuté qu'avec la plainte pour viol d'une patiente en octobre 2020.
"En aucun cas le viol ne fait partie du soin"
Pour Sonia Bisch, présidente de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, alléguer l'absence d'intention sexuelle pour se défendre d'avoir violé ou agressé relève de la "désinformation" et d'une volonté de "brouiller les cartes". "Ce n'est pas parce qu'on consent à des soins qu'on va consentir à tout et de n'importe quelle manière."
"Il y a une stratégie, chez les agresseurs professionnels, de laisser penser que ça fait partie du soin", estime aussi Emmanuelle Piet. "Mais en aucun cas le viol ne fait partie du soin."
"Ce qui envahit ma cliente, c'est que ce procès se tienne, qu'il (l'accusé, NDLR) assume ses responsabilités", plus de cinq ans après le début de la procédure, a affirmé à l'AFP Anne-Sophie Wagnon-Horiot, avocate d'une autre patiente.
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