Violences faites aux femmes : Darmanin reconnaît des "failles", annonce "un changement de méthode"

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Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé jeudi un "changement de méthode" dans la lutte contre les violences faites aux femmes face aux "failles" persistantes du système judiciaire dans ce domaine.
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Des "failles" persistantes

Il y a eu des "avancées" mais "nous ne sommes pas encore au rendez-vous de ce que devrait faire le grand service public pour être à l'écoute des victimes", a-t-il estimé lors d'une audition devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, évoquant notamment les "70% de plaintes classées sans suite" et des délais de jugement "pouvant aller jusqu'à six ans". 

Face à des "failles" persistantes, il faut un "changement de méthode" qui permette "de clarifier la chaîne de décision, de l'uniformiser sur le territoire national et d'outiller de manière extrêmement concrète le travail des magistrats", a-t-il ajouté.

"Changement de méthode"

A cette fin, il a annoncé notamment la création d'un guichet national des téléphones grave-danger "dans les toutes prochaines semaines", l'homogénéisation des stages de responsabilisation des auteurs de violences sexuelles et sexistes ou encore l'expérimentation d'audiences communes (civiles et pénales).

Un code des violences familiales, qui "réunira tous les textes en vigueur", sera publié en juin 2026, pour permettre à chaque magistrat "où qu'il exerce" de "pouvoir s'appuyer sur le même référentiel identique - une victime ne sera pas mieux protégée à Toulouse qu'à Agen". 

"Pour chaque mesure, il y aura un pilote, un chef de projet, un calendrier, des moyens dédiés et des rendez-vous publics d'évaluation", a assuré Gérald Darmanin, appelant à passer de la "culture du commentaire" à "une culture du résultat".

Il a notamment souhaité que le gouvernement rende compte chaque année devant le Parlement du nombre d'ordonnances de protection par juridiction ou encore des délais en matière de jugement.  

Selon les associations féministes, 167 féminicides ont été commis en France en 2025. Les chiffres officiels font état de 107 féminicides conjugaux en 2024, un chiffre en hausse sur un an.

Selon la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), une femme est victime toutes les deux minutes de viol, tentative de viol ou d'agression sexuelle, et toutes les 23 secondes, une femme subit du harcèlement sexuel, de l’exhibition sexuelle ou l’envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel. 

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