Une distribution de fournitures scolaires organisée par des dealers interdite

Crédit : david_franklin / Adobe Stock
Une distribution de fournitures scolaires, prévue samedi dans un quartier défavorisé d'Orange, dans le Vaucluse, a été interdite par arrêté préfectoral, au motif qu'elle était organisée par un réseau local de trafiquants de drogue.
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Cette distribution, annoncée en début de semaine sur TikTok, devait avoir lieu à deux jours de la rentrée des classes dans un gymnase du quartier de Fourchevieilles, rongé depuis de nombreuses années par le trafic de stupéfiants. 

Selon l'arrêté préfectoral, en date du 28 août et révélé par le quotidien La Marseillaise, "cette distribution est à l’initiative du FV Gang comme le montre la photo illustrant le compte +une voix dans la zone+, groupe lié au trafic de stupéfiants" dans ce quartier prioritaire de la ville.

Illustrée de dessins colorés avec trombone, classeur et stylo, l’annonce, encore visible vendredi soir mais supprimée depuis, avait été publiée en début de semaine.

"Image positive de la criminalité"

"La réalisation par ce réseau d'une action caritative est de nature à valoriser les actions du groupe FV Gang ainsi que sa réputation et a pour effet de diffuser une image positive de criminalité organisée liée au trafic", peut-on lire dans l'arrêté du préfet de Vaucluse, qui souligne "l'omniprésence du trafic de stupéfiants dans le département", l'un des plus pauvres de France.

Selon la préfecture, une opération similaire avait déjà été organisée en septembre 2024 par des personnes liées au trafic de stupéfiants local et se revendiquant aussi du groupe FV Gang.

Des services proposés dans le Gard

Au début du mois, la radio Ici Gard-Lozère avait révélé que des habitants d’un quartier populaire de  Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, avaient quant à eux reçu un courrier de dealers du quartier, s’excusant pour les "nuisances" causées par le trafic, proposant en contrepartie les services de "jeunes motivés" pour du bricolage ou des courses.

Dans le sud-est de la France, de nombreuses villes moyennes sont frappées par ce fléau du trafic de stupéfiants qui empoisonne la vie de certains quartiers et suscite des violences comme par exemple cet été à Nîmes où un couvre-feu pour mineurs a été décidé et vient à nouveau d'être prolongé en septembre.

Les autorités alertent régulièrement sur les tentatives de corruption par ces réseaux compte tenu de leurs surfaces financières.

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