Le Premier ministre Sébastien Lecornu "attend de savoir quand sera discuté l'éventuelle motion de censure du Rassemblement national" et "par respect pour le Parlement, on ne va pas modifier le gouvernement avant", a fait savoir son entourage.
Cette motion, que le RN espérait initialement transpartisane, porterait sur la feuille de route énergétique du pays, récemment fixée par décret, alors que le parti à la flamme réclamait une loi. Dénonçant un "passage en force", le RN pourrait donc déposer son texte lundi, selon une source au sein de l'exécutif, entraînant un examen dans l'hémicycle mercredi au plus tôt.
Cela repousserait de facto le remaniement, auquel le Premier ministre entendait initialement procéder avant le début de la période de réserve des élections municipales, ce dimanche.
Qui sur le départ ?
Trois ministres au moins sont sur le départ: celle de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris; celle du Budget Amélie de Montchalin, nommée à la Cour des comptes; et celle chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaite retrouver son siège de députée.
La prise de fonction d'Amélie de Montchalin dès lundi rue de Montpensier obligera d'ailleurs l'exécutif à la "dénommer" officiellement dimanche, a expliqué l'entourage de Sébastien Lecornu.
Pour la remplacer, l'actuel ministre délégué à la Fonction publique David Amiel tient la corde, selon plusieurs sources gouvernementales. Reste à savoir si celui-ci sera promu dès dimanche, ou si le ministre de l'Economie Roland Lescure assurera quelques jours d'intérim, comme le suggère une source au sein de l'exécutif.
Même si l'entourage du Premier ministre assure que le "cas Dati n'a rien à voir" avec les nominations, plusieurs sources, à l'image de ce proche du président, soulignent que la ministre de la Culture ne serait guère pressée de quitter son poste: "elle s'accroche comme une bernique" et "fait du lobbying" pour rester le plus longtemps possible.
L’intéressée s'est contentée de promettre mercredi dernier qu'elle "quitterai(t) le gouvernement avant les élections", dont le premier tour est le 15 mars, rappelant qu'Edouard Philippe était en son temps resté à Matignon en menant de front sa campagne municipale au Havre en 2020.
Pour la remplacer, Catherine Pégard, ancienne présidente du château de Versailles, ex-conseillère culture de Nicolas Sarkozy et actuellement conseillère d'Emmanuel Macron, tient la corde.








