"L'audience n'a duré que 15-20 minutes parce que le prévenu a refusé de collaborer après s'être vu notifier les charges", a déclaré Me Robert Assaël, un des avocats des parties civiles, à l'AFP.
"Je suis choqué qu'il n'ait pas répondu aux questions alors que les victimes (...) n'attendent qu'une chose, la vérité", a-t-il dit.
Cet ancien responsable du département incendie de Crans-Montana, dont le nom n'est pas mentionné dans la presse suisse, n'est pas entré par la porte principale du bâtiment où se déroulent les auditions à Sion.
"Un peu lâche"
Me Nicolas Mattenberger, autre avocat des parties civiles, a déploré le silence de cet ancien responsable, jugeant son attitude "un peu lâche".
Jacques Moretti, un Français copropriétaire avec son épouse Jessica du bar, est le principal mis en cause dans l'enquête sur l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés - dont de nombreux étrangers - la nuit de la Saint-Sylvestre.
Les deux gérants ont été entendus à deux reprises depuis l'ouverture de l'enquête pénale les visant. M. Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d'une caution de 200.000 francs suisses. Il a ensuite été placé comme son épouse sous "mesures de contrainte".
Me Nicola Meier, un des avocats des époux Moretti, s'est dit "étonné" du silence jeudi de l'ancien responsable de la commune, tout en soulignant que "c'est un droit".
"Les époux Moretti (...) n'ont jamais refusé de répondre à la moindre question. Ils ont toujours fait acte de pleine collaboration et c'est encore le cas aujourd'hui et ça le sera toujours demain", a-t-il assuré, à l'AFP.
L'audition de M. Moretti le 7 avril a été reportée sine die après le dépôt de certificats médicaux par ses avocats.
L'incendie a été provoqué selon l'enquête par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar.
L'enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les différentes responsabilités, la commune ayant reconnu l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019 alors qu'ils doivent être effectués tous les ans.
Outre le couple Moretti, sept autres personnes ont été été placées sous investigation pénale par le ministère public du Valais, pour "incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence".
Parmi eux figurent l'actuel président de la commune, Nicolas Féraud, et d'anciens ou actuels responsables de la sécurité de Crans-Montana, qui doivent être entendus ces prochains jours.






