Guerre au Moyen-Orient: frappes israéliennes au coeur de Beyrouth, au moins 12 morts

Crédits : Reuters
L'armée israélienne a mené mercredi des frappes à répétition au coeur de de Beyrouth faisant au moins douze morts et 41 blessés selon les autorités, et a aussi ciblé l'est et le sud du Liban où un ordre d'évacuation a provoqué la panique dans la région de Tyr.
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Trois quartiers densément peuplés de la capitale ont été visés, selon les équipes de l'AFP. Dans le quartier de Bachoura, visé après un avertissement israélien, un immeuble touché n'est plus qu'un amas de ruines, et la rue est jonchée de débris.

"Il était quatre heures du matin, on dormait", raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, une déplacée de la banlieue sud de Beyrouth réfugiée dans une école voisine reconvertie en centre d'accueil.

"Nous avons fui en pyjama, nous sommes allés vers une place du centre-ville", ajoute-t-elle.

L'armée israélienne a également mené des frappes sans avertissement contre deux quartiers populaires voisins. 

L'une d'elles a à nouveau visé, dans le quartier de Zokak al-Blatt, un immeuble abritant une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah pro-iranien qui avait été frappée la semaine dernière.

912 morts, dont 111 enfants

"Des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux et leur identité sera déterminée après des tests ADN", a indiqué le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en menant une attaque contre Israël, qui a lancé une vaste campagne de frappes aériennes.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 912 morts, dont 111 enfants, selon les autorités, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes, soit plus du sixième de la population du petit pays.

Frappe sur Saïda

A Saïda, principale ville du sud du Liban, une frappe qui a visé mercredi matin une voiture a fait deux morts dont un secouriste de la Défense civile, près de la corniche du bord de mer où des déplacés dorment dans leurs voitures, selon le ministère.

Plus au sud, un ordre d'évacuation israélien a provoqué la panique dans la ville millénaire de Tyr, dont les ruines sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.

Des centaines de familles ont fui vers Saïda alors que celles qui ont décidé de rester se sont entassées dans les vieux quartiers de la ville, qui ne sont pas concernés par l'ordre d'évacuation, selon un correspondant de l'AFP sur place.

L'armée israélienne a annoncé mercredi avoir "commencé à frapper des cibles terroristes du Hezbollah" dans la région de Tyr, "en riposte à des tirs de roquettes vers l'Etat d'Israël".

La veille au soir, elle avait annoncé qu'elle allait "agir avec force", en ordonnant à la quasi-totalité de la population de la ville d'évacuer.

Des habitants avaient commencé à fuir précipitamment dans la nuit, au milieu d'embouteillages monstres, a affirmé à l'AFP Bilal Kashmar, coordinateur médias de l'unité de gestion des catastrophes du district de Tyr.

La ville portuaire abrite quelque 11.000 déplacés de la région selon lui. 

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani"

Mercredi, Israël a lancé un avertissement similaire aux habitants de plusieurs villages des environs de Tyr.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani", a écrit sur Telegram le porte-parole de l'armée israélienne pour le public de langue arabe, Avichay Adraee, en désignant quatre villages près de la ville de Tyr.

L'aviation israélienne a également visé l'est du Liban, un bastion du Hezbollah, selon l'Ani. Quatre personnes ont été tuées dans une frappe sur la ville de Baalbeck, qui abrite un ensemble de temples romains également classés par l'Unesco, et quatre autres sur la localité de Yohmor.

Le correspondant de l'AFP à Baalbeck a vu un immeuble résidentiel de deux étages au coeur de la ville entièrement détruit.

Parallèlement à ces frappes, l'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah dans le sud du Liban.

La formation pro-iranienne a de son côté affirmé mardi soir avoir lancé une importante vague d'attaques contre le nord d'Israël.

Elle a indiqué que ses combattants avaient tiré des roquettes et des missiles présentés comme sophistiqués sur une douzaine de villes ainsi que sur plusieurs bases israéliennes, y compris aériennes et navales. 

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