Le chef de l'ONU demande "toute la vérité" sur le coût climatique de l'IA

Reuters
Le chef de l'ONU a appelé mardi les grands patrons du secteur de l'intelligence artificielle à "dire toute la vérité" sur le coût écologique des centres de données, tout en blâmant les énergies fossiles, "origine destructrice" des crises énergétiques et climatiques, en cause dans la canicule actuelle en Europe.
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"Fini les coûts cachés"

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle les entreprises de l’intelligence artificielle à rendre public l’impact environnemental de leurs activités.

"Fini les coûts cachés. Fini de faire porter le fardeau à ceux qui sont le moins à même de le supporter. Il est temps de dire toute la vérité. Si l'IA doit contribuer à bâtir un avenir meilleur, elle doit faire preuve d'honnêteté quant à ce qu'elle nous coûte aujourd'hui" a lancé Antonio Guterres.

Il lance une initiative visant à mesurer et publier l’empreinte carbone, la consommation d’eau et l’occupation des sols liées aux centres de données, tout en encourageant leur alimentation en énergies renouvelables d’ici 2030. Selon l’ONU, ces infrastructures ont consommé 448 TWh d’électricité en 2025, soit presque autant que la France.

Records de chaleur

Le discours intervient en pleine canicule en Europe de l'ouest, avec des records absolus de températures enregistrés en France, des records attendus au Royaume-Uni, une alerte rouge dans 15 villes italiennes, un signe supplémentaire du changement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Toutefois selon le dirigeant qui a appelé à taxer les profits exceptionnels des géants des énergies fossiles, "le monde reste dangereusement à la traîne" concernant les objectifs de baisses d'émissions de CO2.

Outre la tech, le secrétaire général a aussi lancé un "appel à l'action mondiale sur le méthane", le deuxième contributeur du changement climatique après le CO2, avec l'objectif d'atteindre des émissions "quasi nulles tout au long de la chaîne de valeur".

Il propose une série d'actions concernant les fuites de méthane dans l'industrie pétrogazière et sur les pratiques de torchage, consistant à brûler le gaz naturel émis lors d'extractions pétrolières, sans le valoriser.

M. Guterres souhaite aussi voir reculer les émissions dans le secteur agricole et dans les décharges.

Environ 60% des émissions mondiales de méthane, un gaz inodore et invisible, sont imputables à l'activité humaine, l'agriculture en tête, suivie de l'énergie. Ce gaz est doté d'un pouvoir de réchauffement bien supérieur à celui du CO2.

"J'exhorte le secteur des énergies fossiles à prendre ses responsabilités et à faire ce qui aurait dû être fait depuis longtemps", a dit Antonio Guterres, rappelant que "rien qu'en 2025, quelque 167 milliards de mètres cubes de gaz ont été brûlés à la torche, soit autant que la consommation annuelle de l'Afrique".

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